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Portrait d’entreprise : Maliviande pour «nourrir sainement»

Sarl initiée par un jeune opérateur économique malien, Maliviande, sise à  Bacodjicoroni, est « née d’un constat. La façon dont la viande est transportée et vendue au Mali pose problèmes. Les seuls endroits o๠on peut trouver de la viande qui est traitée dans des conditions hygiéniques minimum, ce sont les supermarchés. Mais, on connait les prix qui y sont pratiqués, ce qui décourage les consommateurs moyens. Alors, nous nous sommes dit que C’’est une opportunité, C’’est notre façon de contribuer à  la santé publique, d’o๠notre slogan, « nourrir sainement » . Dotée de matériels modernes de découpe, de présentoirs et d’un véhicule de transport réfrigérés, la société entend proposer aux bamakois des produits de qualité à  des prix abordables, à  tout moment de l’année. Elle est inscrite au régime agricole des investissements du Mali par l’Agence pour la Promotion des investissements du Mali (API-Mali). Depuis le 18 octobre 2010, Maliviande offre donc à  ses clients divers produits de boucherie. Ce projet a été l’objet d’une véritable étude de faisabilité qui a démontré l’existence d’un besoin très faiblement couvert de produits de boucherie moderne de qualité. Et les bamakois n’ont pas boudé l’endroit qui connait une affluence régulière malgré quelques difficultés. Pour le DG Goà¯ta, les maliens ont peur de ce genre de structure. « Ils se disent que les prix y sont forcément élevés. Il y a une dame qui est entrée ici plus par curiosité et qui était toute surprise de voir que nous vendions la viande en détail (demi-kilo, etc). Pour elle, jamais elle n’aurait pu acheter nos produits et pourtant, le jour-là , elle n’est pas partie les mains vides ! ». Les prix sont en effet assez abordables, 100 à  500 francs de plus que les prix pratiqués au marché par les bouchers traditionnels. Cet écart se justifie par l’infrastructure nécessaire pour traiter les produits dans de bonnes conditions, matériels dont l’acquisition, le fonctionnement et l’entretien reviennent assez cher. l’autre contrainte est la fourniture en bovin et caprin. Pour le moment, la société est encore fortement dépendante du marché parce qu’elle ne dispose pas encore de ses propres circuits. La matière première représente aujourd’hui près de 95% du chiffre d’affaires, ce qui pose problème pour la gestion même de la société. Aujourd’hui, huit personnes travaillent à  plein temps à  « Maliviande ». Mais au départ, les choses n’étaient pas gagnées. Mr Goà¯ta explique qu’il aura finalement eu recours à  des fonds propres et venant de ses parents parce qu’aucune banque n’a voulu soutenir son projet. Il regrette le fait que les institutions financières maliennes soient frileuses en ce qui concerne les prêts aux jeunes entrepreneurs, ce qui selon lui, décourage de nombreux projets qui auraient pu marcher. En ce qui concerne l’avenir, « Maliviande » est pleine de projets. Il s’agira dans un premier temps de créer une chaine de magasins, à  Bamako d’abord pour se rapprocher de la clientèle et pourquoi pas sur toute l’étendue du pays. Mais le grand objectif en vue est de faire de l’entreprise un agro-business complet avec une plus large palette de produits. Elle proposerait ainsi de la charcuterie à  base de bovins, ovins ou volailles. Ce qui permettra d’ajouter de la valeur au produit et surtout de créer des emplois. Et ainsi permettre aux maliens de diversifier leurs achats de viande et surtout de se « nourrir sainement ».

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