Société › Éducation

Fermeture Université: Ce qu’en pensent les acteurs

La décision du gouvernement fermant des structures de l’enseignement supérieur a suscité de beaucoup de réactions à  Bamako. Quant certains pensent que l’année peut être sauvée, d’autres arguent que C’’est une année blanche que ne dit pas son nom. Le Conseil des ministres, au cours de sa session ordinaire du 15 juillet dernier sous la présidence du président de la République, Amadou Toumani Touré, a examiné une communication relative au rapport sur l’enseignement supérieur et au plan d’actions à  court terme. Selon le communiqué du Conseil des ministres, le plan d’actions analyse le secteur, fait des propositions d’amélioration en matière de gouvernance, de ressources humaines et financières, d’œuvres universitaires et d’infrastructures. Toujours selon le document officiel, le plan d’actions à  court terme pour une bonne reprise de l’année universitaire prévoit notamment la fermeture des résidences universitaires en vue de leur réhabilitation avant la rentrée scolaire 2011-2012, la création de quatre universités en plus de celle de Bamako et enfin le renforcement des capacités d’encadrement et des capacités de gestion de structures d’enseignement. Pour mener à  bien ces actions, ajoute le communiqué, toutes les structures de l’enseignement supérieur seront mises en congés en même temps pour préparer la rentrée 2011-2012 dans les meilleures conditions. Les réactions des uns et des autres Le syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) de Dr Abdou Mallé fustige ainsi dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : ‘’Nous sommes convaincus que l’année académique 2010-2011 est bel et bien sauvable comme l’année 2009-2010 si vous arrêtez de la voir en noir, pour discuter avec le Snesup… Le Snesup proteste vigoureusement contre votre croisade pour une fermeture fatale des structures de l’enseignement supérieur pour des raisons qui vous sont propres… », peut-on lire dans la lettre. Dans le milieu estudiantin, C’’est l’inquiétude et la stupéfaction générale, même si l’information, à  l’allure de rumeur, circulait depuis un certain temps déjà . Pour les étudiants, aucun doute, C’’est une année blanche que décide le gouvernement sans le dire. D’o๠leur hostilité à  une telle décision. Le secrétaire général du comité de l’association des élèves et étudiants du Mali (Aeem), Hammadoun Traoré affirme avoir rencontré le ministre Siby Ginette Belgarde pour lui faire état de cette hostilité des étudiants. « Pour le moment, de nombreux étudiants sont hostiles à  la décision. On tient compte de leur position. Mais on est en concertation. Tout dépendra de nos militants », a-t-il souligné. Au département en charge de l’enseignement supérieur, on persiste et on signe, il ne s’agit nullement d’une année blanche. Selon une source au sein du département, la mesure a été prise dans l’intérêt supérieur de la nation. La patronne du département, Mme Siby Ginette Belgarde ne veut pas en entendre parler. Le mot «année blanche» l’irrite, l’agace. Mme Siby Ginette Belgarde préfère parler de report d’année. Elle prône de poursuivre les concertations avec les partenaires de l’école. l’année sera validée pour ceux qui ont fait les examens. Lors de sa déclaration de politique générale, Mme Cissé Mariam Kaà¯dhama Sidibé avait affirmé, sans entrer dans les détails, que des efforts sont en train d’être faits pour harmoniser les dates des rentrées scolaires et universitaires. Mais de façon explicite, elle n’a jamais fait allusion à  cette fermeture des structures universitaires devant les élus de la nation. Selon des observateurs, la nouvelle de la mise en congés des facultés et autres grandes écoles est triste. Mais ils affirment que cette décision était devenue nécessaire compte tenu de la situation très critique dans plusieurs facultés dont certaines n’ont pas encore fini avec les examens de l’année universitaire 2009-2010. Face à  l’hostilité des deux partenaires clés à  savoir le Snesup et l’AEEM, que va faire le gouvernement ? La tâche ne s’annonce pas aisée pour Siby Ginette Belgarde, surtout que le gouvernement semble engagé dans la logique d’écarter l’Aeem de la gestion du campus universitaire. Un gros morceau difficile à  retirer de la bouche des crocodiles de l’organisation estudiantine.

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