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Administration publique : un grand corps malade

L’administration malienne dans son ensemble est un grand corps malade. Malgré toutes les initiatives mises en œuvre par les pouvoirs publics, force est de constater qu’elle reste minée par les mauvaises pratiques que sont l’absentéisme, le népotisme, l’amateurisme, la corruption et surtout le manque de considération criard pour l’usager. Il semble désormais sur que ce n’est pas sous l’aire ATT que nous aurons une administration performante. Ce sera donc au prochain président de s’atteler à  redonner ses lettres de noblesses au «fonctionnaire malien». Tout se passe aujourd’hui comme si le pays n’a plus de gouvernail. Les services public sont assimilables à  des moulins o๠chaque employé, quelle que soit sa catégorie, y entre et sort quand il veut. Les registres qui font état des présences sont mal tenus. Les premiers responsables des structures sont souvent les premiers à  s’absenter au moment o๠l’usager a besoin d’eux. Essayez donc d’obtenir un document administratif quelconque. A moins d’ « avoir quelqu’un » ans le service qui vous facilite la tâche, votre chemin de croix est loin d’être terminé. Et comme il n’y a de compte à  rendre à  personne, on peut tout se permettre. Faire payer des sommes faramineuses pour un parchemin qui en principe est gratuit, par exemple. Ou encore, faire tourner l’usager de bureau en bureau pour le décourager et le pousser à  s’en aller pendant que le préposé au service dont il a besoin joue tranquillement aux cartes ou boit du thé. De tels agissements sont légions et chacun de nous y a été confronté au moins une fois. Les efforts mis en œuvre se sont révélés largement insuffisants pour redonner un nouvel élan à  l’administration malienne. Le manque des ressources humaines de qualité est aussi un gros problème. Il faut donc revoir, et cela de toute urgence, le recrutement des agents de l’administration, quelle que soit leur catégorie et les fonctions qu’ils occupent. Sont aussi pointés du doigt la vétusté criarde des moyens mis à  la disposition des travailleurs, la concentration sauvage des services administratifs et le manque cruel de communication visant à  orienter les usagers. En 2012, les maliens veulent voir arriver une administration de rupture, capable de circonscrire à  jamais ces mauvaises habitudes. Que l’autorité de l’Etat en la matière soit plus que jamais le bréviaire des futures autorités. Le rétablissement de la puissance publique est, à  cet égard, une nécessité vitale. Il faut à  tout prix la refonder. Il lui faudra des hommes rompus à  la tâche et honnêtes.

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