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Cheik Oumar Sissoko : Le cinéma malien laissé pour compte

Invité sur le plateau de l’émission culturelle « Ciné 24 », l’ancien ministre de la culture a insisté sur la nécessité de redynamiser le ciné sur le continent, et particulièrement au Mali. Pour lui, ce défi ne peut être relevé que si les pouvoirs publics réhabilitent les salles de cinéma. « Il y a vraiment de sérieux problèmes. On produit des films qu’on ne parvient pas à  présenter au public » regrette l’ancien lauréat du Festival panafricain du film et de la télévision de Ouagadougou, FESPACO. « l’Etat malien a vendu les plus grandes salles de cinéma à  des opérateurs économiques qui n’ont pas respecté les contrats de vente, hormis pour celle qui a été rachetée par le Babemba. Les autres salles ont été fermées ou laissées à  l’abandon » déplore-t-il. Avant d’ajouter que « cela signifie que l’Etat ne voit pas la nécessité d’ouvrir les salles de cinéma pour que ce secteur, qui était très dynamique, puisse retrouver sa renommée. La situation actuelle du 7ème art, poursuit l’ancien ministre, ne permet pas de développer des loisirs, ni d’amener ce pan de la culture malienne à  exceller comme auparavant. On oublie que C’’est aussi un secteur de création d’emplois, regrette M. Sissoko. Qui reconnait qu’heureusement le Centre national cinématographique, CNCM, est en train de prendre des dispositions. Nostalgie des heures de gloire du cinéma malien Le cinéma malien a connu, selon Cheick Oumar Sissoko, ses heures de gloire. Aujourd’hui, il est en train de remonter la pente après une impasse, et cela grâce aux efforts du Centre national cinématographique du Mali, dont il a salué les efforts du directeur Moussa Ouane pour la redynamisation de la création cinématographique. Les conditions se réunissent de plus en plus pour que cette création puisse aller de l’avant, se réjouit-il, citant la production de deux longs métrages par ledit Centre. Il s’agit de « Da Monzon : la conquête de Samannyanan » et de « Toile d’Araignée », une adaptation du roman d’Ibrahima Ly. « Ce qu’il faut encore noter, poursuit le réalisateur, C’’est la mise à  disposition de matériel pour tous les cinéastes qui en font la demande. Une école a également été créée pour permettre aux cinéastes de se recycler et d’ouvrir le cinéma aux jeunes. On a besoin d’assurer la relève. Je pense que dans deux ou trois ans, nous allons reprendre le leadership que nous avions il y a quelques années » espère Cheick Oumar Sissoko. Qui précise une fois de plus que « là  o๠le bât blesse, C’’est la fermeture de toutes les salles de cinéma à  Bamako et dans la sous région ». Un nouveau film en projet Interrogé sur un possible retour sur les plateaux de tournage, le réalisateur est formel : « J’ai beaucoup de temps à  consacrer au cinéma. C’’est ce que je fais présentement en côtoyant les jeunes cinéastes et en les aidant autant que je le peux. Mais je m’inspire également auprès d’eux parce qu’ils ont une plus grande maà®trise des nouvelles technologies », a-t-il déclaré. Et il a annoncé la sortie dans les mois à  venir d’un prochain film. « Je prépare un long métrage qui est aussi une adaptation d’un roman écrit par un malien et une française, « Rapt à  Bamako ». Indépendamment de cela, J’écris beaucoup de séries télévisées, mais je suis aussi à  l’école, en phase d’apprentissage des nouvelles technologies appliquées à  la cinématographie ».

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