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Jeunesse, drogue, élections: Le CNJ pousse la réflexion

Organisée par le conseil communal du CNJ-Mali, cette conférence s’inscrivait dans le cadre des activités du 12 août, marquant la célébration de la Journée Internationale de la Jeunesse(JIJ). Pour le maire de la commune II, qui a présidé la cérémonie d’ouverture des débats, il s’agit de thèmes aussi pertinents que d’actualité. Selon Youssouf Coulibaly, les prochaines élections de 2012 représentent des enjeux énormes pour la jeunesse de notre pays. Pour l’élu, celle-ci est fortement interpellée, et a pour obligation de jouer le rôle qui est le sien dans l’ancrage de la démocratie et du processus électoral dans notre pays. s’agissant de la drogue, le maire de la commune II a recommandé une prise de conscience de la jeunesse face à  la menace de la consommation de cette substance. « La drogue tue la jeunesse d’un pays » D’entrée de jeu, le conférencier, Sarmoye Boussaken, définit la drogue comme une substance de nuisance physique, dont le consommateur éprouve une sensation de plénitude, de puissance, une impression de ne manquer de rien. Au Mali, en l’absence de structure de désintoxication, il est difficile d’établir la proportion de jeunes victimes de la consommation de la drogue. Cependant, explique le conférencier, les jeunes représentent la plus grande tranche de consommateurs. Et généralement, ce sont ceux compris entre 15 et 25 ans qui en sont les plus vulnérables. Selon M. Boussakein, il existe plusieurs types de drogues, et chaque drogue présente un potentiel de nuisance différent. « Les drogues sont capables de léser certains organes, notamment le cerveau, entraà®nant une confusion mentale et pouvant aller jusqu’à  la mort par overdose. Elle a une nuisance psychique, définie par la dépendance. La toxicomanie est une pathologie qui nécessite un traitement à  long terme » a expliqué le conférencier. Qui regrette que si le phénomène n’a pas encore la même proportion au Mali que dans certains pays, il soit tout de même en pleine expansion. En témoigne, dit-il, l’affaire du Boeing de Tarkint (au Nord du Mali) contenant des tonnes de drogues. Pour lui, l’urgence recommande des actions fortes dans le mécanisme de lutte. Selon Sarmoye Boussakein, au Mali l’instrument répressif a pris le dessus sur la sensibilisation. Or, il faut d’abord mettre l’accent sur la sensibilisation à  travers plusieurs canaux de communication. « Il existe beaucoup de consommateurs qui ne savent pas malheureusement que la drogue est formellement interdite par la loi, et ils ignorent complètement l’impact réel de la consommation sur leur organisme. Ceci est une insuffisance qui doit se corriger par la sensibilisation » a recommandé le conférencier. « Au Mali, la fraude caractérise nos élections » Le second thème de cette conférence-débats a porté sur « Election et fraude ». Il a permis au conférencier, Dr Modibo Soumaré, de se plancher longuement sur les tares de notre démocratie en matière électorale. Le conférencier définit la fraude comme l’utilisation de moyens illicites pour nuire à  autrui afin de parvenir à  ses fins. Cette pratique, qui est formellement réprimée par la loi, caractérise malheureusement nos élections depuis 1992. « De notre accession à  la démocratie à  ce jour, nos différentes élections ont été entachées de fraudes. Cette pratique, très honteuse est un handicap sérieux pour notre démocratie. Elle a creusé en effet le fossé entre l’homme politique et les électeurs », a déploré Dr Modibo Soumaré. Selon le conférencier, non moins président de l’URP (Union des Patriotes pour le République), en élections il existe plusieurs types de fraudes, et elles concernent plusieurs étapes du processus des élections : de l’inscription sur les listes électorales au comptage des voix, en passant par le déroulement des opérations de vote. La fraude électorale, renforcée de nos jours par l’achat de conscience, constitue une des plaies de notre démocratie, regrette Dr Soumaré pour qui aucune élection au Mali n’a été crédible et transparente. Le président de l’URP a, au cours de sa communication, eu des propos très durs contre la Cour constitutionnelle, chargée de la validation définitive des élections. Selon le conférencier, « cette institution s’est érigée en faiseur de députés ». « Lorsque dans une élection, on estime la fraude à  plus de 500.000 voix, les élections doivent être reprises dans cette circonscription. Quand le vote est discrédité, C’’est la démocratie qui en souffre. Il est important aujourd’hui d’engager la réflexion sur le rôle de la Cour constitutionnelle » a martelé le président de l’URP. Qui propose comme solutions à  la fraude électorale, la fiabilité des listes et du fichier pendant les élections, la formation plus pointue des présidents des bureaux de vote, l’annulation du vote par témoignage, la moralisation des dépenses électorales chez les candidats », etc. Selon le conférencier, qui a lancé un appel à  la prise de conscience chez les jeunes, l’application de ces mesures est un passage obligé pour la crédibilité de notre démocratie.

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