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Référendum : « Touche pas à ma constitution ! « 

La fronde s’organise contre la nouvelle Constitution. Le projet de révision de notre Constitution va-t-il subir la même montée de vapeur que le Code de la famille et des personnes ? Tout porte à  le croire après les récentes manifestations de colère de leaders politiques et de responsables de la société civile. En effet, moins de deux mois après son adoption à  l’écrasante majorité des députés (141 sur 147), le projet de révision constitutionnelle se heurte à  la forte résistance d’une importante partie de la classe politique et de la société civile. Alors qu’il y a trois semaines, le front uni pour le «Â non » au référendum (regroupant plus de 70 associations de la société civile) était porté sur les fronts baptismaux, le Collectif «Â Touche-pas à  ma Constitution » vient de tenir ce samedi 10 septembre un grand meeting à  la Bourse du Travail. Il a regroupé plusieurs figures non moins importantes de la vie politique de notre pays, dont l’ancien président (ADEMA) de l’Assemblée nationale, Aly Nouhoum Diallo, l’ancienne ministre (ADEMA) Mme Sy Kadiatou Sow, le député du parti SADI Oumar Mariko, le président de l’UNPR, Modibo Sangaré, le président du Syndicat autonome de la magistrature, Hamey Founey Touré, le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali, UNTM, Siaka Diakité, etc. «Â l’urgence n’est pas au référendum » Au cours de ce meeting, qui a vu une mobilisation massive des partisans du «Â non », le Collectif «Â Touche-pas à  ma Constitution » a réaffirmé son opposition à  ce qu’elle qualifie de «Â réformes inopportunes et de «Â coup d’Etat contre la démocratie malienne ». Selon les manifestants, le processus de cette révision pose des interrogations bien réelles et légitimes. Car, soutiennent-ils, il s’agit de l’avenir de la démocratie de notre pays. «Â Ces réformes sont sans urgence pour le Mali. Et aucun pays, encore moins le Mali, ne peut organiser en une année trois scrutins sérieux, comme prétendent les autorités avec le projet et les élections générales de 2012 », a déclaré le président de l’UNPR, Modibo Sangaré. «Â La future Constitution va attribuer un rôle de second rang à  certaines institutions, tandis qu’elle favorise la création de nouvelles entités budgétivores » renchérit l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Mme Sy Kadiatou Sow. Quant au député de l’opposition Oumar Mariko, il a estimé pour sa part, que ce qui se passe en ce moment donne sa sn doute lieu à  la création d’une 4ème République sans consultation du peuple ». En clair, assène-t-il, «Â il faut surseoir au processus de révision et axer la priorité sur les élections générales de 2012 ». Selon le député Mariko, le vote du projet par les députés de l’Assemblée nationale revêt le témoignage que l’appel de celui-ci n’a pas été entendu. Et que le document, en l’état actuel, ne tient pas compte les préoccupations du peuple malien. Ce qui fera dire à  l’ancien président de l’Assemblée nationale, Aly Nouhoum Diallo que cette révision de la Constitution est une remise en cause de tous les acquis du 26 mars 1991. Pour le baron de l’ADEMA-PASJ, cette révision en son état actuel compromet les institutions de la République, ignore le fait majoritaire, et entretient le flou sur le passage à  une 4ème République ». Les manifestants ont rappelé qu’aucune disposition de la Constitution ne prévoit un changement, 6 mois avant les élections. Bref, pour eux, rien ne justifie une précipitation vers les présentes réformes, quand on sait qu’aucune crise institutionnelle n’a eu lieu pour justifier l’urgence d’une révision. «Â Il faut respecter d’abord l’ancienne Constitution » «Â On ne change pas une Constitution comme on change de chemise, car il s’agit d’un acte fondamental », pense le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) à  travers son président. Selon Hamey Founey Touré «Â dans le processus de cette réforme, toutes les propositions des uns et des autres ont été jetées dans la poubelle ». Selon d’autres manifestants, la Constitution de 1992, acquise sur le front de la bataille et au prix du sang des martyrs, fait régulièrement l’objet de «Â violation régulière et systématique ». En témoigne, disent-ils, la Déclaration de Politique Générale (DPG) du Premier ministre devant les députés, les insuffisances de la liberté de la presse (référence à  l’affaire de «Â la maitresse du président »), la violation du droit de travail, du délai légal de la garde à  vue, etc. «Â Il ne sera pas question pour nous de laisser piétiner les acquis du 26 mars par des gens qui ont le complexe de cette date historique »Â ont-ils laissé entendre. Avant d’appeler la population à  la «Â forte mobilisation pour un «Â non » massif au référendum.

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