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Affaire de l’EMIA : Des têtes tombent

Que faut-il attendre des suites de l’enquête en cours ? La décision du gouvernement de relever plusieurs responsables de l’EMIA, à  travers son ministère de la Défense et des Anciens combattants a été saluée par l’écrasante majorité de la population malienne encore sous le choc du décès brutal le 3 octobre dernier de cinq élèves officiers. Ces mesures appropriées ont été prises à  l’encontre des présumés auteurs, suivant les résultats des premières enquêtes. Ainsi, le Commandant du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy, le Colonel Soungalo Coulibaly, le Commandant de l’EMIA, le Colonel Ousmane Garango ont été relevés, de même que l’ensemble du personnel d’encadrement. Tous les élèves de la 3ème année, au nombre de 24, qui ont été à  la base de cette expédition meurtrière, ont été radiés et seront mis à  la disposition des juridictions compétentes pour répondre de leurs actes. Une preuve de responsabilité de la part de l’Etat de prendre des mesures disciplinaires et administratives. Ces mesures sont elles suffisantes ? En tout cas, le ministre de la Défense et des Anciens combattants est déterminé à  aller jusqu’au bout pour situer la responsabilité de ces actes qui déshonorent l’EMIA et son centre d’instruction Boubacar Sada Sy, avec la mort d’une sénégalaise parmi les victimes. Le plus révoltant dans cette affaire est d’apprendre que ces élèves officiers ont été tués suite à  des sévices corporels infligés par leurs ainés de la 3ème année selon le communiqué officiel. Pourtant Une source formelle indique que le précédant commandant du centre avait interdit le «bahutage» ou «bizutage» pour éviter toute vengeance à  cause de son caractère violent. Ce dernier a été relevé de son poste. Il faut reconnaitre que ces mesures disciplinaires et administratives ont été accueillies dans les «Â grins » avec soulagement. Et surtout la radiation des élèves de la 3è année pour internaliser leurs petit frères de la deuxième année. Mais la question demeure. Que deviendront ces jeunes élèves qui ont déjà  appris à  manier les armes ? l’on se souvient en 1994 quant le gouvernement a radié 800 élèves gendarmes pour avoir observé une grève, chose formellement interdite au sein de l’armée. Ceux-ci se sont emparés des armes et ont fait des barricades. Il a fallu l’intervention des militaires pour maitriser ces jeunes élèves gendarmes . 800 élèves gendarmes radiés en 1994 C’’était en 1994, le ministre des Forces Armées de l’époque avait choisi la méthode forte, la radiation à  vie, pour briser la grève qu’observaient depuis la fin octobre 1994, les 800 élèves gendarmes qui réclamaient le paiement d’une solde mensuelle de 200 francs français, équivalente à  celle de la promotion précédente, alors qu’ils percevaient 25 francs français. A cette époque, Ibrahim Boubacar Keita, actuel président du Parti pour le Rassemblement du Mali(RPM) était premier ministre. Le gouvernement avait reconnu le bien fondé de leurs demandes tout en leur signifiant l’incapacité de les payer dans l‘immédiat. Dès l’annonce de leur radiation, le 14 novembre, les 800 élèves gendarmes ont érigé des barricades après s’être emparés d’armes. l’armée est alors intervenue. Le ministre de la Défense et des Forces Armées d’alors, feu Boubacar Sada Sy, dont le centre d’instruction de Koulikoro porte le nom entendait également dissoudre la Commission consultative des sous-officiers et hommes de troupes, qui transmettait au ministre les doléances des militaires sans passer par la voie hiérarchique. Cette commission a vu le jour en 1991, après le renversement du régime de l’ancien président Moussa Traoré. l’ancien ministre des Forces Armées accepta les requêtes de la Commission consultative, une démarche que réfuta son successeur qui entendait redonner à  la hiérarchie militaire toutes ses prérogatives. Sans ambages, Boubacar Sada Sy ministre des forces armées radia ces 800 élèves gendarmes pour respecter la loi militaire. Ce n’est pas une surprise si Natié pléah, actuel ministre de la défense et des anciens combattants a radié les 24 élèves de la 3è année parmi lesquels 21 maliens, un togolais, un sénégalais, un burkinabé. Cette fois, il y a eu mort d’hommes !

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