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1er Décembre : Objectif Zéro

Nyamakoro, quartier populaire de Bamako. Ce 1er décembre est un jour comme les autres pour T.K. Les manifestations organisées dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le SIDA sont à  des kilomètres de ses préoccupations quotidiennes. Pourtant, T.K. aurait pu se sentir concernée, pour la simple raison que T.K. est séropositive. Depuis près de 8 ans, elle vit avec le terrible intrus dans son sang. « Au début, J’ai paniqué ! je me suis dit que C’’était la fin de ma vie…J’avais même à  un moment arrêter de m’alimenter, je voulais précipiter ma mort et ne plus sentir ce poids sur mon C’œur ! ». Il est vrai que l’annonce n’est guère un moment facile à  vivre. Les agents des centres de dépistages ou le personnel hospitalier n’a pas souvent toutes les ressources pour aider à  passer le cap de cette phrase fatidique : « Je suis navré, le test est positif ». « La terre se dérobe sous vos pieds » nous confie T.K. Puis, après l’abattement, il faut bien continuer à  vivre. Et au Mali, on vit plutôt bien avec le Sida. Les personnes séropositives bénéficient de la prise en charge complète par l’Etat de leur traitement antirétroviral (ARV). Ceux-ci sont en effet gratuits. Cela a permis à  bien des personnes démunies qui n’avaient aucun accès aux médicaments il y a quelques années, tant les coûts étaient élevés, de pouvoir rallonger leur espérance de vie. Ainsi, en moins de dix ans, de 2003 à  2010, le nombre de patients sous traitement ARV est passé de 1 073 à  33 580, soit 31 fois plus. En outre, le nombre de sites de dépistages est aussi en constante augmentation. De 22 en 2003, ils sont 266 aujourd’hui tandis que les sites de préventions de la transmission mère-enfant sont passés 13 à  307, soit 24 fois plus. Le dépistage est quasi systématique pour les femmes enceintes qui font le test après leur première consultation prénatale. De nombreuses campagnes ont par ailleurs été mises en œuvre pour pousser le maximum de personnes à  faire le dépistage volontaire. Selon le Secrétaire Exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida(HCNLS), il n’y a pas de problème en ce qui concerne l’accessibilité des médicaments. Ce sont « les médicaments qui vont aux malades et non les malades aux médicaments » dit-il. Depuis des années, les ARV sont acheminés aux malades dans leurs localités respectives, permettant une couverture nationale stable. La stigmatisation est également en recul au Mali, selon M. Sene. « Aujourd’ hui, les choses ont beaucoup évolué de façon positive. Certaines personnes ont compris que le SIDA est une maladie comme les autres et elles nous acceptent », témoignent des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Mali, cela grâce à  de nombreuses campagnes de sensibilisation dans les médias. T.K. nous raconte qu’elle avait perdu son emploi de vendeuse dans une boutique quand son employeur a appris son statut. Mais, C’’est grâce au soutien de sa famille qui s’est mobilisée autour d’elle qu’elle a pu tenir pendant les mois de chômage puis trouver un autre emploi qu’elle a toujours. Mais aujourd’hui, l’inquiétude est grande en ce qui concerne la poursuite des efforts entrepris en faveur des malades. Les problèmes de corruption qui ont fortement entaché l’image du Mali auprès du principal partenaire dans la lutte contre le Sida, le Fonds Mondial, font craindre aux malades l’arrêt de la subvention des ARV. Ce «sera un coup dur» parce que la plupart d’entre nous n’a pas les moyens de se procurer les traitements. Le secrétaire exécutif du HCNLS se veut rassurant. Pour lui, la création d’un fonds national de lutte contre le SIDA est une piste de solution afin que le Mali puisse continuer à  mener la lutte au cas o๠les partenaires se retirent. En attendant, le combat contre la maladie continue et en ce 1er décembre 2011, le plus grand vœu que formulent les malades est la découverte rapide d’un vaccin. «Pour que la génération qui vient après nous, soit une génération sans Sida, qu’elle ne connaisse pas les souffrances que nous avons vécu et qu’elle puisse concentrer son énergie au développement au lieu de lutter en permanence contre la maladie », telle est la prière de T.K.

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