Société › Environnement

Seyni NAFO :  » Il faut éviter le phénomène de dette climatique ! « 

Quelle est la position du groupe Africain à  Durban ? Seyni NAFO : Il y a deux voies de négotiation pour l’Afrique. L’une sur le protocole de kyoto, pour lequel les pays demandent la deuxième période d’engagement et dont il faudra définir la durée. La deuxième voie porte sur la convention, notamment l’opérationnalisation du fonds vert, en accord avec les ménanismes de Cancun, le comité permanent sur les finances, les centres et réseaux de transfert de technologies vers l’Afrique. Cette convention porte surtout sur l’adaptation aux changements climatiques. Dans le Fonds Vert, ou Green Climate Fund, quelle va être la part de l’Afrique ? Seyni NAFO : Il y’a d’abord la personnalité juridique du fonds à  définir. Cela peut vous paraà®tre très technique mais ce fonds doit être indépendant des autres fonds. Il faut qu’il y ait une tutelle de la COP sur ce fonds, qu’il soit accessible et décaissé pour les programmes d’adaptation aux changements climatiques de l’Afrique. Ce sont les fonds multilatéraux des pays développés qui doivent aller directement au fonds vert. Quant aux sources de financement, il faut privilégier les ressources publiques pour l’adaptation, en clair, il faut éviter un phénomène de dette climatique ! A partir de mardi, les chefs d’états et de gouvernement vont s’exprimer à  la Tribune de Durban, que doit-on attendre de leurs discours ? Seyni NAFO : Vous savez l’Afrique est le seul groupe géographique qui ait une position commune explicite et très claire. Cette position est basée sur un document, lui même défini selon deux piliers : Un, la science, les recommandations établies à  Cancun, par le GIEC, le PNUE, l’Insitut de Stochkolm et d’autres organismes. Deuxièmement, il y’a la règle de droit, et les principes de la convention et du protocole du Kyoto. Les pays développés ont de 1850 à  aujourd’hui utilisé l’espace atmosphérique pour se développer sans aucune limitation de température. Pour les promesses,on a parlé de maintenir un seuil en dessous de 2° d’ici à  2050. La question est maintenant de savoir comment partager cet espace atmosphérique pour les pays en développement. Alors, lorsque ces chefs d’état viennent à  durban, il faut de la fermeté notamment pour obtenir la 2è période d’engagement du protocole de Kyoto. Il y’a aussi des rencontres informelles entre ministres, groupes de négotiations et ces officiels doivent lors de ces rencontres informelles montrer leur niveau dedétermination pour influencer les décisions. Quelle est la priorité des priorités pour l’Afrique à  Durban ? Seyni NAFO : La priorité est aujourdhui à  l’adaptation. Les pays africains ont demandé 3 milliards de dollars pour financer les ations d’adaptation à  court terme ! Alors que ce financement est attendu depuis 5 ans… Pour le moyen et long terme, le fond vert sera sollicité grace a des financements publics. Chaque pays a élaboré, son plan selon ses priorités. Les priorités vont en premier lieu à  l’agriculture, aux semences de qualité, aux intrants, a la gestion durable des terres, l’accès durable à  la ressource eau, la microfinance pour les femmes, l’accès aux données métérologiques pour la science, le renforcement des capacités etc.. Quant au Mali, il finalise sa politique et son plan d’action. Les pays développés nous ont promis 100 milliards pour l’atténuation d’ici à  2020. En attendant cette compensation, il faut voir d’autres sources de financement alternatives comme celles du secteur privé national, les marchés carbones, les taxes sur le secteur aérien et maritime etc. Les pays développés doivent prendre leur engagement au sérieux !

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut