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Femi Kuti veut l’Afrique pour elle-même!

Son précédent album, « Day by Day », avait été enregistré à  Paris, sous la houlette du producteur Sodi (studio Zarma), et déjà  on disait que c’était sans doute le meilleur de sa discographie. « Day by Day » (2008), ainsi que « Fight to Win » (2001), de ce même producteur qui avait déjà  collaboré avec Fela, avaient chaque fois été nominés pour le Grammy Award du meilleur album Musiques du monde de l’année. La première fois, Ruben Blades l’avait emporté. La seconde, Béla Fleck remportait un deuxième Grammy consécutif. Toujours réalisé par Sodi, « Africa for Africa » sera t-il récompensé en 2012 ? Il est tout à  fait possible que Femi Kuti s’en fiche un petit peu ; pourtant, ça ne serait que justice… « Africa for Africa », enregistré dans les historiques studios Decca de Lagos, au Nigeria, a été salué pour un son rappelant l’époque o๠Fela lui même usait de ces mêmes installations. Elles sont désormais un peu défraà®chies, et l’électricité ne fonctionne pas beaucoup mieux qu’à  l’époque : « à‡a n’a pas été un enregistrement facile… » Plutôt que l’intention d’un « retour aux sources » que réclament sempiternellement les thuriféraires de l’afrobeat, l’intention avouée par l’auteur est pragmatique : « On l’a fait pour économiser des frais… Enregistrer à  Paris est cher, on aurait eu moins de temps, il aurait fallu payer les vols… » Cette fois, c’est Sodi qui s’est déplacé. Un mal pour un bien… « Africa for Africa » est également un disque de combat : « Mon champ de bataille, c’est ma musique. C’est là  que je fais de la politique ». Dans un système mondialisé, Femi stigmatise la corruption des gouvernants africains et exalte l’idée d’une union des peuples africains face à  leurs dirigeants ; les publics occidentaux sont également concernés : « Ils me connaissent souvent mieux que le public africain car ils me suivent, ils connaissent mon histoire et celle de mon père. Et ils savent l’influence de leurs gouvernements sur la corruption en Afrique. »

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