Culture › Musique

Essakane, à l’année prochaine…

Ils étaient près de 3000 festivaliers à  avoir pris d’assaut les dunes de Tombouctou malgré la menace sécuritaire pour écouter la musique du désert. l’hommage à  Ali Farka Touré a réuni vendredi soir, les amoureux du Blues du Désert, celui originaire de Niafounké, qui a fait vibrer le public, malgré une température presque hivernale. 12° les pieds dans le sable, autour de braises rougeoyantes, l’esprit d’Ali Farka Touré a plané sur Essakane grâce à  ses mucisiens, Samba Touré, Oumar Touré, Hamma Sankaré, le doyen qui a joué avec Ali Farka Touré de son vivant, Barou Diallo ou encore Bassékou Kouyaté. Belle mention à  Noura Mint Seymali qui chante sa Mauritanie natale, à  Fatoumata Wallett du groupe Tartit ou encore l‘Indienne Khiran Alhuwalia plus contemporaine et l’Anglo-soudanaise Amira Kheir vibrante. Diversité des cultures, celle de Noura Mint Symali se rapproche des peuples Tamasheks, magnifiés dans le documentaire  » Woodstock à  Essakane » qui retrace toute l’histoire du festival depuis ses débuts en 2001 : « Je souhaite qu’un jour le festival revienne à  Essakane », dira une festivalière nostalgique du temps o๠il se tenait à  60 km de Tombouctou : « Ni téléphone, ni liaisons Internet, nous étions de vrais touaregs du désert, avec la musique en plus, le clair de lune et les tentes pour dormir… ». Une autre souhaitera retrouver l’esprit itinérant d’Essakane comme à  ses débuts et pourquoi pas à  Agadez, dans le désert du Ténéré un jour… Après le concours de danse Takamba, le clou du festival a été l’arrivée surprise du chanteur anglais Bono du légendaire groupe U2. Une présence remarquée puisque l’artiste a chanté avec Tinariwen devant 3000 spectateurs déchaà®nés, dans un déhanché spectaculaire. Belle surprise pour les organisateurs, parce que la paix et l’unité peuvent exister au Nord : «Â AQMI a été localisé à  15km d’ici, confiait un haut gradé de Tombouctou, devant la scène, mais croyez moi, ils n’ont rien à  voir avec nous, soyez rassurés, certains actes sont isolés. » Reste que l’attaque de Novembre dernier, a plombé l’industrie touristique dans la cité des 333 saints. Alcoye, propriétaire de l’Hôtel du Désert, qui a accueilli beaucoup de festivaliers, explique qu’après la fête, il fermera ses portes. Les touristes ne viendront pas. Cela suffit à  Alcoye pour envisager autre chose. C’’est pourquoi les autorités, représentées par 4 ministres à  Essakane, ont livré un message fort : «Â Il était important que le festival ait lieu en dépit des menaces, nous avons particulièrement été touchés par la présence de Bono à  Tombouctou… », a confié le Premier Ministre Mariam Kaidama Sidibé, qui a appelé à  une mobilisation de tous pour que le festival Au Désert d’Essakane vive encore et toujours… Des spectateurs venus de partout, d’Australie, de France, d’Israà«l, d’Amérique Latine, d’Angleterre, la fête a été belle durant trois jours dans le sable de Tombouctou. Habib Koité a clôturé le show sur de belles mélodies dansantes… Essakane a vécu de beaux moments cette année, ce qui a conforté les organisateurs dans leur initiative, celle de promouvoir les cultures des peuples du désert et comme nous l’a confié Manny Ansar, Directeur du Festival, « Essakane » appartient d’abord aux populations du désert… A l’année prochaine !

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut