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Amira Kheir : La diva du désert soudanais

Elle participait pour la première au célèbre Festival « Au Désert » d’Essakane, après avoir contacté les organisateurs depuis Londres o๠elle vit. Séduits par sa voix chaude et singulière, ils l’ont tout de suite invité. Sur scène, Amira Kheir est pleine de sensualité et de tendresse. l’album « View from Somewhere », le tout premier est un mélange de chants traditionnels du Soudan, d’o๠elle est originaire, et de soul américaine et de jazz, une musique aux accents universels. « Ma musique n’a pas à  être qualifiée ou étiquetée, je chante avec des influences multiples qui viennent de mes goûts éclectiques. J’aime aussi des chanteuses comme Oumou Sangaré, Ali Farka Touré, et J’ai même un vrai coup de C’œur pour Afel Bocoum.». Petite déception pour Amira, Afel sera absent du festival, mais elle se consolera avec l’hommage à  Ali Farka Touré, le bluesman du désert. « Lorsque J’ai entendu parler du festival Au Désert, J’ai voulu y participer ! La musique Tamasheq du désert est très similaire aux chants soudanais et les organisateurs ont du voir des ressemblances entre ma musique et leurs groupes locaux, C’’est pourquoi je suis là  ! », explique Amira en souriant. Du Soudan à  Essakane Des boucles brunes, un regard miel, Amira est une artiste complète pour qui l’ouverture au monde est une nécessité. « A Londres, o๠je vis, il y a un vrai terreau musical qui me permet de développer mon art, ma musique. En Italie, o๠je vivais, je trouvais les gens trop fermés ». Mais au Mali, Amira se sent bien : « Je vois tellement de similitudes avec le Soudan, la terre, les odeurs, les couleurs, J’aimerais vraiment revenir ici ». Revenir oui pour chanter avec les grands artistes, les musiciens d’Ali Farka Touré, les yeux d’Amira brillent à  cette évocation : « J’aime aussi le côté collectif de la vie au Mali, la proximité avec les autres, même si J’aime avoir mon espace pour m’épanouir et créer. ». C’’est toute la subtilité de l’album . « Nous sommes à  la fois des êtres singuliers, mais qui s’inscrivent dans un ensemble. l’album est une vue entre l’idée d’être à  la fois seul mais d’appartenir à  un cycle ». Un cycle qui ne fait que commencer. A Essakane, Amira a chanté avec d’autres artistes. Elle a apprécié la mauritanienne Noura Mint Seymali ou encore Tinariwen et Bono. La peur ? Elle n’y a pas songé un instant et se désole de l’absence des autres artistes. « Bien sûr, J’ai entendu parler des menaces et je trouve triste qu’ils n’aient pas pu venir à  cause du contexte politique. Pour moi, être à  Tombouctou, C’’est tout juste formidable». Souvenirs… Les pieds dans le sable, la tête dans les étoiles, Amira a vécu Essakane comme une expérience formidable. « Ce festival m’a ouvert les yeux sur tous les plans. Il y a tant de richesse et de diversité dans la musique africaine ». Voyager encore et toujours, et partager son art avec les musiciens Maliens, voilà  ce qui anime l’artiste : « J’aime la façon responsable et collective qu’ils ont de faire la musique ici ». Au Soudan, ce n’est pas pareil ! La musique n’est pas pour tout le monde ! ». A Londres, Amira Kheir essaye de vivre de son art et travaille à  mi-temps dans des ONG ou des institutions dans l’humanitaire ou le développement. « C’’est vrai, il faut que je vive mais la musique commence à  prendre de plus en plus de place dans ma vie et j‘espère en vivre un jour…». On lui souhaite cette chance que peu d‘artistes ont. La musique coule définitivement dans le sang d’Amira Kheir qui termine l’interview par un A Capella mémorable. Une diva du désert est née !

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