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Artistes en période électorale : chanter pour vivre ou vivre pour chanter ?

«Â Nous avons fait très attention au choix des artistes qui vont accompagner notre candidat pendant la campagne. Leurs productions et leur popularité ont été étudiées avec soin avant qu’on ne les recrute. Pour vous dire que le choix de l’artiste est un détail à  ne pas négliger ». A écouter ce directeur de campagne qui souhaite rester anonyme, les soutiens d’artistes constituent un élément non négligeable de la stratégie de communication des candidats. Pour le célèbre rappeur malien Amkoullel l’artiste engagé ne doit pas se laisser instrumentaliser par les hommes politiques. Il faut monter sur scène en sachant pourquoi on y monte. Il y va de sa crédibilité. Le fossé qui sépare la prestation d’artiste de celle de militant est parfois mince. «Si on me sollicite pour une prestation, je ferai mon métier d’artiste qui consister à  égayer le public. Je viendrai mais cela ne ferait pas pour autant de moi un adepte dudit candidat », précise-t-il. Mélange des genres Pas de discrimination non plus du côté de Fantani Touré. Elle a chanté pour Ibrahim Boubacar Keà®ta (IBK) lors de son investiture…mais aussi pour Dioncounda Traoré lors de la Nuit Adema. Idem pour Adja Soumano, Michelle kaniba et N’Baou Toukara notamment. Au même titre que les périodes de fêtes, les périodes pré-électorales offrent l’occasion aux artistes de faire de bonnes affaires. D’autres vont plus loin et affichent clairement leurs préférences. Artiste de la nouvelle génération approchée au cours d’une tournée de Soumaà¯la Cissé, Mama Toumani Koné explique les raisons de son soutien au candidat de l’URD. Un soutien pas seulement vocal, prétend-elle. « Au-delà  du contrat que J’ai signé avec l’URD je soutiens fermement Soumaà¯la en raison de ce qu’il a été et ce qu’il continue d’être pour le Mali et l’Afrique. Il incarne les valeurs d’un véritable leader. C’’est pour lui que je voterai… », annonce-t-elle. Vivre pou chanter ou chanter pour vivre ? Natif du quartier Hamdallaye à  Bamako, « Tifari-chi » était quasiment inconnu avant d’animer les tournées d’IBK. « Son parcours en dit long sur ses valeurs morales et intrinsèques. Je continuerai à  le soutenir par ma voix », complimente le rappeur. Mamadou Dembélé dit « Dabara » a quant à  lui opté pour Soumaà¯la Cissé après avoir été contacté par un responsable de son comité de soutien. Il lui a dédié un album entier qui se vend comme des petits pains dans les marchés. « On m’a proposé de sortir un album exclusivement consacré à  Soumaà¯la Cissé », se contente de commenter le chanteur sans entrer dans les détails. La célèbre cantatrice Naà¯ni Diabaté ainsi qu’Abdoulaye Diabaté sont quant à  eux de plus en plus visibles aux côtés de l’Adema Pasj. Qu’il soir réels ou motivés par l’argent ces engagements sont à  double tranchant. « Si tu associes ton image à  un candidat et que ce dernier chute, il se peut que ton image en prenne également un coup », avertit Amkoullel.

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