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Elles ont parlé à ATT

 » Pourquoi vous envoyez nos hommes se faire tuer, sans équipements et sans munitions. Si c’est ainsi, qu’on nous ramène nos hommes ! ». C’est le témoignage énergique de l’une des femmes qui participait à  la manifestation qui a gagné la capitale malienne après Kati toute la journée du jeudi 2 février. Ils étaient ainsi plusieurs centaines de manifestants à  avoir pris d’assaut la capitale. Parmi eux, des femmes, des jeunes très en colère venus pour casser et exiger le départ d’ATT. Et ils ont cassé, mais d’après un témoin, il y aurait eu plus peur que de mal bien que la psychose ait très vite gagné Bamako alors que beaucoup appelaient à  la prudence. De nombreux commerces et banques ont fermé alors que les femmes de Kati se dirigeaient vers la présidence ou ATT les a finalement reçu en début d’après midi. Un petite groupe a pu pénétrer dans la salle d’audience de Koulouba. Conduites par Mme Coulibaly Oumou, elles ont fait part de leur doléances au chef de l’état. A savoir, dans quelles conditions leurs hommes ont-ils été tués dans les attaques du Nord ? Comment ont-ils été attaqués? Pourquoi le silence des autorités sur les corps ? Et pourquoi sont-ils envoyés au front sans équipements et sans munitions ? Autant de revendications qui trahissent le manque de communication au sommet. Après une demi-heure d’entretien avec le chef de l’état, ces femmes sont ressorties un peu plus apaisées. « Il nous a promis de tout faire pour renforcer le dispositif sécuritaire en dotant l’armée de plus de moyens. Il nous a assuré avoir envoyé un renfort d’hélicoptères pour appuyer les troupes au sole ». Pour cette femme qui a perdu son mari tombé sur le champ de l’honneur : «ATT doit dire la vérité aux Maliens. Nous sommes fatigués par son jeu de cache-cache. Nous nous attendions à  ce qu’il fasse la lumière sur le carnage d’Aguel’Hoc et ailleurs. Rien de tout cela ». L’Armée Malienne remise en question Jeudi, en solidarité avec les femmes de Bamako, d’autres femmes ont marché à  Ségou, ville située à  200 kilomètres de Bamako. Elles ont exigé que la lumière soit faite sur le sort de leurs époux, et qu’une liste des noms des hommes qui ont été tués, soit publiée. Une manière de montrer qu’elles ne lâcheront pas le mouvement, si leurs doléances n’étaient pas écoutées.  » Ce qu’il faut savoir, c’est que ces hommes envoyés au Nord ne sont pas équipés et pas assez formés pour faire face à  des attaques rebelles et à  des mouvements soudains. Or dans l’armée, vous devez avoir un réseau d’informations efficace, une logistique maà®trisée, les troupes au sol doivent impérativement localiser les mouvements au sol grâce à  d’autres sources. Ce n’est pas le cas dans notre armée, en tout cas pour les détachements du Nord. Par ailleurs, il n’y a pas de vrai hiérarchie militaire au Nord, les officiers supérieurs et commandants sont pour la plupart tous à  Bamako. Et les plus inexpérimentés vont au Nord », nous explique cet éditorialiste Malien. Remaniement express Après cette folle journée, le président Malien a procédé à  un mini remaniement ministériel en permutant les ministres de la Défense et de la Protection Civile. Une mesure sans doute destinée à  calmer les esprits. Au même moment, le ministre des Affaires Etrangères tente de négocier avec les rebelles à  Alger. Mais le Général Sadio Gassama que l’on dit ardu à  la tâche et bénéficiant d’un grand respect au sein des forces armées, sera t-il plus efficace que Natié Pléah dans la gestion de cette crise ? Car la question qui se pose véritablement, c’est le renforcement de l’Armée Malienne confrontée à  la rébellion, à  la menace sécuritaire et à  un manque de moyens. Fêtée, le 20 janvier dernier, cette armée aux prises avec la rébellion touarègue a bien du mal à  assurer l’intégrité du territoire national et la sécurité des biens et des personnes.

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