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Correspondances, des voix de femmes qui traversent les continents

Paris, Montreuil, Bamako, Kayes, des voix de femmes qui traversent les continents pour leurs sœurs du Mali. A travers des lettres filmées par la talentueuse réalisatrice française Laurence Petit Jouvet, un pont est crée entre femmes de la diaspora vivant en France et celle du Mali de Bamako ou de Kayes. Le vécu de ces femmes est retracé à  travers une quinzaine de lettres filmées. Dans l’une d’elles, projeté à  la conférence de presse organisée par la réalisatrice Malienne Awa Traoré, chargée de la distribution de l’œuvre, on voit une Malienne, femme de ménage à  Paris s’exprimer sur sa journée de travail. Réveillé depuis 4h du matin, elle prend le métro, le RER parisien pour se rendre à  son travail et ne rentre finalement quÂ‘à  10h du soir. Un quotidien qui se répète depuis une trentaine d’années, un labeur épuisant, et nécessaire pour vivre en Europe, mais le «Â  premier mari d’une femme, n’est-il pas son travail », répète la vieille dame ? Emouvante, cette lettre filmée qui jette un pont sur l’immigration. Pour Awa Traoré, il s’agissait de faire partager une œuvre sensible, rare, qui parle aux femmes. C’’est pourquoi, elle a organisé une projection nationale, le 8 mars, date de la journée de la femme, pour consacrer le travail de sa consœur française. «Â  J’ai été assistante réalisatrice sur toute la partie malienne du documentaire et pour moi, C’’est une œuvre digne, qui honore les femmes maliennes et je me suis dit qu’elle ne pouvait pas rester dans les tiroirs. ». Awa Traoré a également sollicité l’aide de Mme Fatoumata Siré Diakité pour l’accompagner dans son projet. Présidente de l’APDF et ex ambassadrice du Mali en Allemagne, cette pionnière du combat pour l’émancipation des femmes n’ a pas hésité un seul instant pour être la marraine de l’évènement. «Â  Si je n’avais pas dit oui au projet de Awa, je n’aurais pas été ce que je pense être, a déclaré, Fatoumata Siré Diakité, honoré du travail de distribution d’Awa Traoré. «Â  Il faut aujourd’hui une relève dans le cinéma africain et Awa Traoré représente cette relève. » La réalisatrice malienne lance donc un appel à  tous les cinéphiles pour venir voir l’œuvre «Â Correspondances » au cinéma Babemba le 8 Mars 2012 : «Â On ne valorise pas assez notre cinéma, la séance ne coûte que 2000 francs. Les Maliens ne vont pas assez au cinéma mais mettent beaucoup d’argent dans les Sumu et autres cérémonies, mais pour le cinéma, ils hésitent. Et pourtant, le cinéma est basé sur une économie, il accompagne aussi le changement social. ». Rendez-vous le 8 mars 2012, journée internationale de la femme au Cinéma Babemba à  Bamako.

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