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Au « quartier latin » de Kayes, chacun son candidat…

Modibo Timbo ne voit en cet après-midi du 20 mars qu’un seul vainqueur possible à  l’élection présidentielle du 20 mars : Dioncounda Trapré de l’ADEMA. Rien de très suprenant de la part du président du Conseil de cercle de Kayes, élu du même parti. Si l’ADEMA demeure la première force politique de la localité avec trois députés sur les cinq que compte la région à  l’Assemblée nationale, Modibo Timbo reconnait d’ailleurs «Â la popularité » et le «Â caractère d’homme d’Etat » du candidat du RPM, Ibrahim Boubacar Keà¯ta, tout en étant convaincu que la capacité de mobilisation de l’ADEMA fera la différence le jour de la présidentielle. Un raisonnement loin d’être partagé ailleurs. Au C’œur du quartier « Khasso », un « grin » est connu de tous. Certains l’appellent « le quartier latin » car depuis 20 ans on y discute de tout, tous les soirs, entre enseignants à  la retraite et « déçus de la politique ». Ce soir, les débatteurs spéculent sur les chances des candidats. Ici, on accorde peu de chances à  Dioncounda Traoré de l’ADEMA. On lui préfère IBK. « La faillite de l’autorité de l’Etat, le laxisme dans la gestion de la question du Nord rendent nécessaire l’arrivée d’un président de la carrure d’IBK », estime un membre du « grin ». Modibo Sidibé, l’ex-flic qui va sauver le Nord Son voisin ne partage pas son avis. IBK a été aux affaires pendant six ans en tant que Premier ministre, souligne «Â l’anti-IBK », comme l’appellent ses amis. Il reproche notamment à  l’ancien chef du gouvernement d’Alpha Oumar Konaré d’avoir «Â imposé en 1998 aux Kaysiens de payer le droit de la traversée du nouveau pont reliant Kayes-ndi à  Kayes-ba, organisé les élections bâclées en 1997 et embastillé l’opposition en violation de la liberté d’opinio ». Bref, «Â IBK n’est pas un démocrate », conclut-il. Son choix ? Modibo Sidibé. L’ancien Premier ministre d’Amadou Toumani Touré a selon lui « une parfaite connaissance du fonctionnement de l’Etat, du territoire malien, a de bonnes relations avec les partenaires du Mali ». Enfin « son statut de policier peut constituer un élément déterminant dans sa capacité à  faire face à  la crise du Nord », explique le partisan de Modibo Sidibé. Il conclue qu’ « il faut désormais faire confiance aux candidats indépendants ». A Kayes il y a aussi des candidats que l’on juge «Â bons » mais dont on ne donne pas cher de leur peau. Leur orientation politique serait, selon les habitants interrogés, incompatible avec le contexte actuel. Parmi ces candidats qui suscitent la sympathie, Oumar Mariko, candidat du parti SADI, et Soumana Sacko, porte-drapeau de la CNAS.

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