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Retour à l’ordre constitutionnel : urgence au Nord

Dioncounda Traoré sera-t-il le président de la transition qui se profile au Mali après la promesse de restauration de la constitution du 25 février 1992 par la junte au pouvoir ? C’’est semble t-il le vœu de la CEDEAO qui l’a soufflé à  l’issue du premier sommet de crise sur la situation malienne, le 27 Mars dernier à  Abidjan. C’’est également ce que prévoit la constitution malienne, en cas de vacance du pouvoir, C’’est donc le président de l’Assemblée Nationale qui prend l’intérim et doit organiser des élections selon l’article 36 de la constitution malienne. Retour à  l’ordre constitutionnel donc ? Dans sa déclaration lue ce dimanche 31 Mars, au QG de la junte à  Kati, le capitaine Amadou Haya Sanogo sous la pression des menaces d’embargo de la CEDEAO a affirmé: « …Prendre l’engagement solennel de rétablir à  compter de ce jour, la Constitution de la République du Mali du 25 février 1992, ainsi que les institutions républicaines ». Un retour à  l’ordre constitutionnel signifie t-il un retour du président ATT qui devra ensuite démissionner pour rendre le pouvoir à  la transition, transition que dirigerait le président de l’Assemblée Nationale ? Un scénario quasi-impossible en raison de l’impopularité du président déchu. Un retour d’ATT échaufferait les esprits et n’est certainement pas le vœu de l’intéressé. Par ailleurs, Dioncounda Traoré fait-il le consensus au sein de la classe politique, même s’il a déclaré vouloir sacrifier sa candidature au nom de cette transition ? Il se murmure aussi que le capitaine aurait demandé qu’un premier ministre de transition soit vite nommé… Transition oui, mais transition pour combien de temps ? La question du nord, dont les derniers remparts sont tombés avec la prise de Tombouctou et le repli de nombreux soldats à  Sévaré dans la région de Mopti, semble pourtant être l‘urgence. Une intervention étrangère s’impose t-elle désormais face à  la déroute de l‘armée malienne ? Le chef de la junte l’avait dit dans sa toute première déclaration, 3, 6 ou 9 mois, le temps de régler le problème du nord. Depuis, les choses se sont accélérées. Le pays apparaà®t coupé en deux et l’inquiétude reste vive chez les Maliens. Peut-on esquisser une transition, alors que les 2/3 du territoire national sont occupés par les rebelles du MNLA ? La junte a parlé de consultations avec les forces vives de la nation, pour établir une Convention nationale et des organes de transition en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes. Pour un observateur, la junte a encore de beaux jours devant elle. Malgré tout, le manque de stratégie semble faire défaut aux éléments du CNRDRE, qui ont appelé à  l’aide éxtérieure. « Reste qu’on ne peut pas dire que c’est à  cause du coup d’état que le nord a été littéralement occupé », affirme un éditorialiste malien. Comment agir donc pour éviter le scénario du pire ? La CEDEAO qui a fait pression sur la junte, a mobilisé un armée de 2000 éléments et se réunit à  nouveau ce lundi à  Dakar pour prendre de nouvelles mesures. Quelle sera la suite ? Une riposte au nord ? Une offensive pour reprendre le contrôle de l’intégrité territoriale du Mali, car sans celle-ci, peut-on véritablement parler d’élections au Mali et de transition efficace ? Et si le Mali perdait cette intégrité territoriale, ne serait ce pas la voie aux sécessionnistes de tout acabit ? La réponse est africaine voire plus.

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