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Tombouctou sous la menace de la Charia

La cité touristique de Tombouctou n’est plus que l’ombre d’elle même depuis que les rebelles l’ont occupé ce dimanche 31 mars. Jadis carrefour touristique, cité historique et de rencontres culturelles, Tombouctou, la ville des 333 saints est aux mains des rebelles du MNLA qui l’ont investi après la prise de Gao et surtout la débandade de l’armée malienne repliée avec des éléments d’ores et déjà  rapatriés à  Bamako. Mais à  Tombouctou, il n’y a pas que les rebelles du MNLA, mais aussi les hommes d’Ançar Dine, le mouvement islamique dirigé par Iyad Ag Ghaly. Le mouvement islamiste a du prêter main forte aux éléments du MNLA même si certains partisans du MNLA réfutent cette information. Tombouctou, le dernier rempart du MNLA ? Tombouctou a vite été prise. A midi, dimanche 31 Mars, l’armée avait très vite abandonné ses positions après quelques coups de feu dans la matinée : «Â Ce lundi, le calme règne dans la ville et la population est cloitrée chez elle, », témoigne Oumar Amalhek, guide touristique. «Â Ils sont là , mais il y a aussi Ançar Dine qui cherche déjà  à  faire appliquer la charia et a rencontré les notabilités de la ville dans cette optique… », poursuit notre guide, qui n’entend pas rester dans la ville. Il prévoit déjà  de faire partir sa famille, au Burkina voisin. Une grande partie de la population est pessimiste, rapporte Oumar, qui affirme que les nouveaux maà®tres de la ville ont investi le camp militaire, l’hôpital régional et arrêté quatre jeunes arabes pour saccage et pillages. D’autres témoins parlent d’actes de vandalisme de la part des éléments du MNLA. Un acte que réprouve un élu touareg qui appelle à  ne pas faire de confusion entre le MNLA et les pilleurs. Pour Alcoye, propriétaire d’un hôtel touristique à  Tombouctou, l’urgence est de faire rapatrier sa famille à  Bamako. On imagine l’ambiance dans la ville qui avait accueilli le festival au Désert, deux jours avant que n’éclate la première attaque de la rébellion à  Ménaka. Tombouctou, Kidal et Gao «Â libérés » Dans le langage des partisans du MNLA et de l’indépendance de l’Azawad, la vision est autre. Beaucoup parlent de «Â libération » comme si le nord avait été un territoire occupé. Des éléments auraient scandé  » Azawad ! Azawad ! » après la prise de Gao après défection de l‘armée malienne. Pour Alassane Touré, un ressortissant du nord, propriétaire d’une agence de voyages, «Â cette partie du pays est perdu depuis longtemps. Je ne comprends pas ce procès fait aux rebelles. ATT a depuis longtemps vendu le nord aux touaregs ». Pour cet autre élu de Bourem, interrogé sur RFI, « il s’agirait plutôt d’une indépendance économique et culturelle qu’une indépendance territoriale pour les rebelles… » Les hommes du MNLA pourtant ont commencé à  tracer leurs frontières et touchent presque du doigt leurs rêves, commente ce journaliste étranger à  Bamako. Partition du pays en deux, deux tiers du territoire occupé, l’intégrité territoriale du Mali est plus que compromise. Sur le terrain, les rebelles et autres mouvances islamistes ou terroristes vont-ils laisser échapper le contrôle après quatre rébellions, dont la dernière semble porter ses fruits. Et surtout, les rebelles vont-ils s’arrêter là  ? A Bamako, on se refuse à  envisager ce scénario du pire. La CEDEAO interviendra t-elle ? Le capitaine Sanogo a du souci à  se faire…

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