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Cheick Oumar Sissoko : «L’intervention de la CEDEAO sera une catastrophe !  »

Face à  la presse ce mercredi 4 avril, les responsables du Mouvement populaire du 22 mars, «MP 22 », qui soutient la junte au pouvoir, ont fustigé la CEDEAO, qui a décrété lundi des sanctions diplomatiques et économiques contre le Mali. Le MP 22 estime qu’il s’agit de «Â mesures illégales et illégitimes » qui trahissent l’esprit de l’organisation. Selon Me Mariam Diawara, les sanctions issues de la rencontre de Dakar entre les chefs d’Etat de la zone, violent le droit international et les dispositions régissant le fonctionnement même de la CEDEAO. «Â Dans le fonctionnement de l’organisation, les sanctions doivent être graduelles, autrement dit, du plus faible degré au plus sévère. Or dans le cas présent, les sanctions sont tombées d’un seul coup. Juridiquement, la décision est attaquable devant la Haute Cour de justice de la CEDEAO », a déclaré l’avocate militante du MP 22. Qui ajoute que l’embargo total des Etats voisins de la zone n’a aucun fondement légal tant au niveau africain qu’international. Abondant dans le même sens, le Pr. Rokia Sanogo déplore que le rétablissement des institutions décidé par la junte le dimanche dernier, ait accru «Â l’acharnement des présidents de la CEDEAO contre le Mali ». La situation est difficile, reconnait-elle, mais elle appelle à  la mobilisation des populations «Â pour faire échec aux sanctions ».  «Â l’UEMOA, tout comme la CEDEAO et l’Union africaine ne sont que des instruments de la mondialisation impérialiste et des paravents de la France, des Etats unis et de l’Union européenne », a dénoncé pour sa part Mohamed Tabouré. Qui argue que ces organisations ne sont nullement des outils d’intégration africaine. «Â Il faut riposter à  l’agression en sortant de la Francophonie et de la CEDEAO ». Avant d’appeler le CNRDRE (Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat) à  «Â rester inflexible dans la résistance ». Les conséquences d’une intervention militaire de la CEDEAO Le plan de sortie de crise adopté par les chefs d’Etat de la CEDEAO prévoit une intervention militaire de 2000 à  3000 hommes sur le sol malien. Pour le président du parti SADI, «Â le peuple malien a le devoir de refuser cette éventualité ». Car, explique-t-il, elle conduira le droit vers une catastrophe et un endettement sans précédent. «Â Une intervention militaire consacre notre dépendance des forces extérieures pour défendre l’intégrité de notre territoire et à  réaffirmer notre souveraineté », explique Cheick Oumar Sissoko. Qui prévient que «Â les conséquences de cette intervention seront dévastatrices pour le Mali, non seulement sur le plan matériel, humain, financier, mais également politique, avec notre incapacité à  gérer nos affaires internes ». «Â La Convention nationale, dont il sera question ce jeudi, est la voie donnée au peuple malien de décider de son sort », a déclaré l’ancien ministre de la culture. Face aux sanctions économiques, la réponse doit résider dans les stratégies de mobilisation des ressources pour faire face aux besoins. Pour cela, préconise Cheick Oumar Sissoko, l’Etat doit réduire son train de vie, procéder à  la fermeture de certaines institutions qui n’ont aucun avantage pour le peuple, développer des mécanismes de lutte contre la fraude fiscale, la mise en œuvre de politiques de production et d’exportation de nos produits, la matérialisation de la volonté de lutte contre la corruption et la délinquance financière, etc.

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