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Sanogo dos au mur

Combien de temps tiendra-t-il encore le coup ? Arrivé au pouvoir le 22 mars par un coup de force, le capitaine Amadou Haya Sanogo reprochait au régime d’Amadou Toumani Touré «Â l’incompétence » dans la gestion de la rébellion au Nord du pays. Comme une ironie du sort, deux semaines après le coup d’Etat la junte militaire doit se résoudre à  constater l’avancée remarquable des rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et des groupes islamistes d’Ansar Dine. La semaine dernière, les trois villes principales villes sont tombées sous le contrôle des assaillants. Face à  cette déroute de l’armée nationale, le capitaine est aux abois. Ses nombreuses offres de dialogue à  l’endroit des rebelles n’ont pas eu gain de cause. Et la communauté internationale, dont il sollicite l’aide, demande mordicus son départ. Les sanctions économiques et diplomatiques décrétées la semaine à  Dakar par la CEDEAO et entérinées par l’ONU, ne laissent point de chance à  la junte militaire de rester au pouvoir. Mission infructueuse à  Abuja La délégation de leaders religieux (composée du président du Haut conseil islamique et de Monseigneur Jean Zerbo), dépêchée lundi dernier à  Ouaga, n’a pu convaincre le médiateur Blaise Compaoré de revoir auprès de ses pairs les sanctions contre le Mali. De sources proches de la junte, nous apprenons que rien n’a filtré de cet entretien avec le président du Faso. A Abuja, au Nigéria, o๠la junte avait envoyé le colonel Blonkôrô Samaké (chef d’Etat-major du chef de la junte) auprès du président Jonathan, les nouvelles ne sont pas bonnes non plus. Et dans l’entourage du capitaine Sanogo, on se refuse à  tout commentaire sur les conclusions de cette mission. «Â Si la junte n’a pas communiqué sur cette mission, il faut en déduire que les résultats n’ont pas fructueux », analyse cet observateur politique. Comme si cela ne suffisait pas, la Convention nationale annoncée par le capitaine n’aura finalement pas lieu ce jeudi. Face au refus d’une importante partie de la classe politique (réunie au sein du Front uni pour la Sauvegarde de la démocratie FDR ), la crise politique s’accentue au Mali. Sur le plan économique, malgré les assurances de la junte sur les conséquences de l’embargo, la population reste inquiète. Cette convention, devrait donc réunir toutes forces vives de la nation, et adopter le schéma de mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Avec le report de ces assises à  une date ultérieure, une la junte rate l’occasion de réconcilier les positions de la classe politique. Le temps presse donc pour le capitaine, qui est pris désormais entre plusieurs feux : la pression de la communauté internationale, l’avancée de la rébellion, l’opposition d’une partie de la classe. «Â Il faut aider Moussa Dadis Camara », avait recommandé ATT aux pires moments de crise guinéenne. Faudra-t-il «Â aider » le capitaine Amadou Haya Sanogo ?

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