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Libération de l’otage suisse, la belle affaire d’Ançar Dine

Dix jours. La durée de captivité de Béatrice Stockly aura été très courte si l’on pense aux autres otages prisonniers depuis des mois. Elle se trouve désormais au Burkina-Faso. Elle y a été accueillie par les autorités après avoir voyagé en hélicoptère depuis Tombouctou aux côtés du chef d’état-major particulier du président burkinabè Blaise Compaoré, le général Gilbert Djindjéré, venu la chercher avec deux représentants du ministère suisse des Affaires étrangères. A son arrivée à  la base militaire de Ouagadougou, elle n’a pas voulu s’exprimer devant les nombreux journalistes venus l’accueillir. La seule déclaration a été faite par le général Djindjéré : « Elle ne veut pas repartir en Suisse, elle ne souhaite pas quitter la région pour le moment et va rester au Burkina deux ou trois jours, le temps de réfléchir. » La Suisse déconseille de se rendre au Mali depuis 2009 « Son état de santé est bon, compte tenu des circonstances », a déclaré dans un communiqué le Département fédéral des affaires étrangères suisse (DFAE), qui remercie les autorités du Mali et du Burkina-Faso. Le DFAE n’a pas manqué de rappeler qu’il déconseille « depuis le 1er décembre 2009 de se rendre au Mali en raison du risque élevé d’enlèvements » et qu’il recommande aux Suisses résidant au Mali de quitter momentanément le pays depuis le 30 mars 2012. Qui est Béatrice Stockly ? Agée d’une quarantaine d’années et vivant depuis longtemps à  Tombouctou, Béatrice Stockly est passée outre ces consignes. Missionnaire protestante, très impliquée dans les actions sociales, elle n’a pas jugé utile de quitter Tombouctou, même après la prise de la ville dans les premiers jours du mois d’avril par des groupes islamistes armés souhaitant imposer la charia. La Suissesse avait initié plusieurs actions en faveur des populations. En janvier dernier, ses partenaires avaient procédé à  l’inauguration d’une école à  20km à  l’ouest de Bamako. Ansar Dine en profite Le Burkina Faso affirme qu’il n’y a pas eu de rançon, rapporte RFI selon qui la Suisse a néanmoins « accepté une formule pour que de respectables liasses d’euros soient versées ». En faisant l’intermédiaires entre les ravisseurs – supposés êtres membres d’un autre groupe islamistes – et les autorités régionales, Ançar Dine mené par Iyad Ag Ghaly s’est donné l’image d’un interlocteur utile, étranger aux barbaries d’Al Quaeda au Maghreb islamique. La libération de Madame Stockly porte à  19 le nombre de personnes toujours détenues au Sahel.

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