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Crise au nord: L’Unesco vient s’enquérir du sort des manuscrits

Le 20 avril dernier, à  Tombouctou, le monument de l’indépendance Al Farouk était saccagé. Le 4 mai, dans la même ville, le mausolée Sidi Mahmoud Ben Omar Mohamed était profané par des membres de groupes islamistes armés. Dès le lendemain, l’Unesco s’était dit préoccupé par la préservation des mosquées et des mausolées inscrits depuis 1988 au Patrimoine mondial. Ces événements ravivent le souvenir de la destruction des magnifiques Bouddhas de Bâmiyân par les talibans afghans en 2001. Une situation suffisamment inquiétante pour qu’une délégation de l’Unesco menée par la sous-directrice générale Afrique Lalla Aicha Ben Barka se déplace à  Bamako à  l’invitation du ministère de la Culture. Le 20 mai, la rencontre finale a réuni des représentants du ministère, de l’Unesco et de la société civile, invités à  apporter des témoignages et des propositions. Des témoignages inestimables « Les biens culturels sont une partie de notre corps. Quand on les touche, C’’est une atteinte à  l’intégrité de notre corps », a déclaré la ministre de la Culture, Diallo Fadima Touré. Au-delà  des édifices religieux et funéraires, la crainte est grande pour les célèbres manuscrits de la ville aux 333 saints. Plus de 30.000 documents ont été répertoriés mais il en existerait en fait plus de 300.000, jalousement gardés par les descendants des érudits qui les ont écrit ou étudiés, ou encore par ceux qui les ont recopiés. Autant de témoignages inestimables du rôle prépondérant que la cité sainte a joué dans le développement intellectuel, culturel et scientifique et la diffusion des savoirs à  son âge d’or, entre le 12e et le 15e siècle. Evacuer les manuscrits ? Leur destin est désormais entre les mains des groupes islamistes armés, qui contrôlent notamment l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba, o๠une partie d’entre eux est exposée. « Il faut être très prudent et ne pas se précipiter », conseille Abdel Kader Haà¯dara, président de l’association pour la sauvegarde et la valorisation des manuscrits. Selon lui Ansar Dine s’est engagé à  protéger les documents. A patrimoine mondial, responsabilité mondiale. Le représentant du Haut conseil islamique, présent à  la réunion, s’est prononcé en faveur de l’organisation d’un colloque international sur l’islam avec la participation des groupes armés, de l’UNESCO, de l’ISESCO (Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture) et de la mosquée Al-Azahr du Caire, autorité intellectuelle de l’islam. « Ce qui se passe au Mali nous interpelle tous », a déclaré Lalla Aà¯cha ben Barka, accompagné par le directeur du Centre du patrimoine mondial, Kishore Rao. Evoquant l’éventualité d’une guerre dans le Nord ce dernier est resté prudent sur la nécessité de procéder à  une évacuation préventive des précieux manuscrits.

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