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MNLA vs Ansar Dine : duel entre frères ennemis

Après l’alliance ratée entre le groupe rebelle indépendantiste et le mouvement islamiste Ansar Dine, des affrontements ont opposé les deux factions qui se disputent le nord avec une nette prédominance d’Ansar Dine dirigé Iyad Ag Ghaly. Tous issus du nord, les leaders de ces groupes armés peinent à  s’entendre désormais empruntant la voie des armes, et au risque d’installer une guerre tribale dans le nord du Mali. « Affrontements nourris » « Les combattants du MNLA et ceux d’Ansar Eddine se sont affrontés dans la nuit de jeudi à  vendredi dans la périphérie de Kidal », a déclaré un fonctionnaire de la ville, joint par téléphone depuis Bamako. « Le calme est revenu à  l’aube », a-t-il ajouté, tout en précisant avoir «constaté que les quelques drapeaux du MNLA qui flottaient dans la ville ont été enlevés ». « à‡a a vraiment tiré. Ansar Eddine était au nord de Kidal, un groupe du MNLA au sud », a déclaré un autre civil. Les deux témoins ont dit ne pas avoir d’informations sur d’éventuelles victimes, selon l’AFP. Désormais, l’un de ces groupes veut avoir le contrôle exclusif du nord. Si Ansar Dine n’a pas réussi à  absorber le MNLA, avec l’instauration d’une République Islamique de l’Azawad, le recours à  la force montre les intentions du groupe islamiste de diriger la zone. A Kidal, dans l’Adrar des Ifoghas, région dont est originaire Iyad Ag Ghaly, le MNLA en parti soutenu par les habitants n’entend pas se laisser écarter. Par ailleurs, les islamistes accusent les rebelles d’avoir manipulé les femmes de Kidal contre eux, en les incitant à  la marche du 6 juin dans les rues de la ville. Vers une guerre des clans ? La division s’installe désormais entre les deux groupes armés, qui ont combattu côte à  côte pour la prise des villes du nord, début Avril au moment o๠Bamako vivait le putsch du 22 Mars. Si Ansar Dine a prêté main forte au MNLA pour la prise de villes comme Tessalit ou Aguel’hoc en fin janvier, le MNLA se voit exclu des zones de contrôle, qu’il a longtemps convoitées. L’alliance ratée a ensuite sonné le glas de relations impossibles entre deux mouvements qui poursuivent des objectifs différents. Après l’échec du dialogue, l’affrontement a fini par avoir lieu :  » Que ces deux groupes s’affrontent ne profitent à  personne. Ni au pouvoir de Bamako, qui aura affaire à  plusieurs ennemis. Mais surtout, il y a un véritable danger pour les populations qui vivent sous l’emprise de ces groupes armés », estime l’avocat Mamadou Konaté, observateur de la crise du nord. Jeudi 7 juin, l’Union Africaine, au terme de la réunion d’Abidjan, a appelé à  une saisine du Conseil de sécurité des Nations Unies pour une intervention militaire au nord. Le temps presse désormais.

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