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Presse et politiques : un rapport souvent conflictuel

Les politiques aiment-ils la presse ou plutôt ont-ils peur de la presse ? Il semblerait que les politiques entretiennent une relation à  la fois « passionnelle et répulsive » avec les médias. La relation presse-pouvoir souffre d’un profond paradoxe. Les politiques communiquent, aiment la presse, ont des amis personnels dans la presse privée de leur pays, mais force est constater que les rapports entre ces deux entités restent de nature conflictuelle. Le 4ème pouvoir qui est une invention politicienne pour designer la presse est la bête noire des politiques. Il faut rapprocher son utilisation aux trois autres pouvoirs : le pouvoir Législatif (voter les lois), Exécutif (faire exécuter les lois) et judiciaire (pouvoir de rendre et d’appliquer la Justice). C’est la séparation des pouvoirs, mise en évidence par Montesquieu et mise en pratique dans les régimes parlementaires. Le pouvoir de la presse apparait au yeux des politiques comme une sorte de pouvoir magique qui permettrait aux journalistes d’orienter l’opinion dans le sens qu’ils désirent. Ils pensent qu’un article de presse peut déclencher des émeutes ou porter atteinte à  la sûreté de l’Etat. Napoléon lui-même n’avait il pas dit que «Â des journaux hostiles au pouvoir peuvent faire plus de mal que milles baà¯onnettes ? ». Cette peur de la presse réside dans le fait que quelque chose arrive parce que les populations ont été manipulées selon la volonté de celui qui produit l’information. Les Médias seraient dirigeraient donc et orienteraient l’opinion Publique. En témoigne la propagande orchestrée par certaines radios privées après le coup d’état. La presse : contre pouvoir ou 4è pouvoir ? Les politiques devraient plutôt percevoir la presse comme un contre-pouvoir, tout comme l’épistémologie par rapport à  la science. Elle en étudie les fondements, les structures et le développement. Elle est l’organe qui interpelle les consciences des uns et autres, et les rappellent à  leurs fondements éthiques. Les Médias ne sont pas des institutions malgré l’appellation de 4éme pouvoir, ils restent en général des organes privés. Ils ne possèdent pas de pouvoir direct et concret par rapport à  l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Ils ne sont pas les garants de la constitution, de la république ou de la démocratie. Bien qu’ils soient plus ou moins indispensables dans le respect des libertés individuelles et collectives, de la liberté d’expression, d’opinion. Les médias doivent être perçus en tant qu’informateurs et non pas en tant que contrôleurs de l’opinion. Les Médias restent des outils complémentaires de la liberté d’expression et la démocratie, bien que des dérives puissent exister. Si les rapports entre medias et politiques sont naturellement conflictuels, C’’est par ce que les journalistes ne font pas d’efforts pour s’organiser pour garantir la véracité et la liberté de l’information. La liberté d’expression et d’information est mieux défendue si les journalistes s’unissent et s’organisent en mettant en place une instance régulatrice qui exclurait le gouvernement mais inclurait des représentants de la société civile. Cette instance pourrait être appelée à  établir un code de déontologie et veiller à  ce qu’il soit respecté

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