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Nord Mali : un ramadan sous la charia

Si au Mali tout le monde l’observe au sud, les populations du nord n’ont pas encore débuté. Et pour cause, le manque de moyens et de communication. Une ressortissante de Nianfunké jointe par téléphone témoigne que le jeûne n’a pas encore débuté ce vendredi 20 juillet. Dans cette ville proche de Tombouctou et sous surveillance des groupes islamiques, aucune information n’a été donnée à  la ppulation. Pire, les habitants de cette localité n’ont ni le droit de regarder la télé, ni d’écouter la radio : « Ici, nous n’avons pas encore commencé, parce que la population ne sait pas si la lune a été vue ou pas ». Atmosphère de méfiance et de crainte C’est dans une atmosphère de méfiance et de crainte que le mois de ramadan se déroulera au nord. Pour Haby, une habitante de Tombouctou, ce ramadan va se dérouler dans la tristesse :  » Avec ces hommes qui patrouillent partout, comment voulez-vous partager la rupture dans la joie, sans parler de tous nos parents qui son allés à  Bamako ». Les populations démoralisées et soumises au diktat des islamistes radicaux observeront le jeûne avec toutes les peines du monde. La coupure du jeune, un festin familial dans la famille musulmane, est désormais un vieux souvenir pour beaucoup. « Moi j’ai du quitter ma ville pour aller me réfugier au Burkina voisin, c’est sûr que ça ne sera pas comme l’année dernière avec toute ma famille », témoigne Ousmane, un hôtelier. Les habitudes des fidèles musulmans changeront aussi avec la destruction des mausolées saints par les islamistes d’Ansar Dine, lesquels étaient fréquentés par les fidèles en signe de recueillement. Mais les islamistes les ont détruit pour éviter un phénomène d’idolatrie. Pour les autorités religieuses qui étaient appuyés auparavant par l’Etat, un bras de fer existe désormais entre l’Imam de la mosquée de Djingareyber et les groupes armés pour la gestion des offices religieux. Sans oublier le manque de vivres, d’eau et d’électricité, le jeûne cette année, ne sera pas un exercice facile pour nos concitoyens du nord.

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