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Qu’avons-nous fait de notre indépendance ?

Cinquante deux ans. C’’est peu à  l’échelle de l’histoire du monde. C’’est en revanche une éternité pour un  peuple qui se bat pour l’amélioration de ses conditions de vie. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont Mali. Plusieurs régimes se sont succédé depuis le 22 septembre 1960, date qui symbolise pour le Mali et les Maliens la libération de la domination coloniale. La commémoration du 52ème anniversaire de l’indépendance du Mali sera des plus sobres. Contexte de crise oblige. Le pays traverse aujourd’hui le drame la plus grave de son histoire. Les Maliennes et les Maliens assistent médusés à  la résurgence de la rébellion dans le Nord Mali, sanctionnée par l’annexion des 2/3 du territoire national. Depuis l’indépendance, pas un président n’a échappé au réveil du Nord, de Modibo Keà¯ta à  Amadou Toumani Touré. Radicale ou négociée, aucune solution miracle n’a été trouvée en 50 ans. Des motifs de satisfaction Tout n’est pourtant pas sombre dans la jeune histoire du Mali. De septembre 1960 à  septembre 2012, plusieurs régimes politiques se sont succédé avec l’ambition de consolider et de développer la souveraineté nationale en passant par des efforts soutenus de formation, d’information, d’éducation et de sensibilisation des populations. Le Mali a connu l’affirmation des libertés individuelles et collectives, du libéralisme économique. Les textes ont favorisé l’organisation d’élections démocratiques, libres et transparentes. Les chantiers ont désenclavé les régions et unifié le Mali. Pour Kokè Diarra de la grande chancellerie des ordres nationaux, les logements sociaux, les augmentations de salaires, l’élargissement de la couverture sanitaire, le développement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche et la création d’emploi constituent des motifs de satisfaction. «Â Le combat pour la réduction de la pauvreté doit se poursuivre, de même que la consolidation de notre démocratie, acquise au prix du sang », souhaite-t-il. Que de défis ! Après 52 ans de marche vers le développement, des interrogations demeurent. Notamment sur la gestion des affaires publiques, le développement, l’éducation, la sécurité des personnes et des biens, la santé qui, pourtant, sont des domaines prioritaires, indispensable pour tout développement. La corruption, la délinquance financière et la mauvaise gestion des affaires publiques demeurent un fléau. Aujourd’hui, l’indivisibilité du pays, consacré par la constitution du 25 février 1992 est mise à  rude épreuve avec l’occupation du Nord par des irrédentistes et des islamistes. Avec le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012, le pays a entamé un nouveau tournant de son histoire.

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