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Grosse manifestation à Bamako contre l’intervention de forces étrangères

Les manifestants – 300 à  400 personnes selon la police, 800 selon les organisateurs – ont marché jusqu’aux abord du ministère de la Défense, « pour soutenir l’armée malienne » souveraine, a déclaré le président de la COPAM, Younouss Hameye Dicko. Au son d’une musique militaire, les manifestants arboraient trois grandes banderoles sur lesquelles on pouvait lire « la COPAM soutient l’armée pour la libération du Nord » ou « l’arrivée de la Cédéao déclenchera la guerre civile au Mali ». La COPAM, réputée proche de l’ex-junte qui a mené le coup d’Etat militaire du 22 mars, rejette l’accord entre la Communauté des Etats de l?Afrique de l?Ouest (Cédéao) et le Mali, annoncé le 23 septembre. Cet accord prévoit le déploiement d’une force ouest-africaine pour « appuyer » l’armée malienne dans la reconquête du nord, occupé depuis six mois par des groupes islamistes armés liés à  Al-Qaà¯da au Maghreb islamique. Derrière un grand drapeau malien, les marcheurs scandaient: « à  bas la Cédéao, à  bas Blaise Compaoré (président burkinabè et médiateur), à  bas Yayi Boni (président du Bénin et de l’Union africaine), à  bas Alassane Ouattara (président de la Côte d’Ivoire et de la Cédéao) ». Ils accusaient le président malien de la transition, Dioncounda Traoré, d’avoir « bradé la dignité malienne » en ayant demandé à  l’ONU son feu vert pour le déploiement au Mali d’une « force militaire internationale ». « Amener des forces étrangères au Mali, nous sommes contre! Nous ne nous opposons pas à  un soutien international si cela répond aux besoins de l’armée malienne clairement exprimés – logistique, renseignement, formation, appui aérien – mais il faut s’en tenir à  ça », a déclaré à  l’AFP Nouhoum Keita, du parti Sadi (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendane) dont le président, Oumar Mariko, était présent. Les manifestants exigeaient également que la Cédéao « libère les armes » de l’armée malienne bloquées dans différents ports ouest-africains depuis le coup d’Etat de mars qui avait renversé le régime du président Amadou Toumani Touré. A une délégation de manifestants, le secrétaire général du ministère de la Défense, le colonel Major Mamadou Idrissa Coulibaly, a assuré: « Des négociations au plus niveau sont entreprises pour libérer nos armes bloquées dans les ports de Conakry et de Dakar ». Ces armes, commandées par le régime du président « ATT », avaient été bloquées après le putsch, la Cédéao redoutant de les laisser aux mains des militaires maliens.

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