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Le mois de la solidarité décrié par la société civile

C’’est parti pour la 12ème édition du mois de la solidarité. Comme chaque mois d’octobre, le ministère de la Solidarité apporte un peu d’aide à  ceux qui en ont le plus besoin. «Â Ce mois vise à  perpétuer une valeur fondamentale de la société malienne », selon le secrétaire général du ministère, Amadou Rouamba. Sans surprise, l’édition de cette année (« solidarité et paix pour un Mali indivisible ») sera en partie consacrée aux populations du nord. La crise du nord a entrainé le déplacement de centaines de milliers de ressortissants de cette zone vers des cieux plus cléments. Une visite chez Ba Sokona Keita, 127 ans Compte tenu de la morosité économique actuelle, l’Etat a cependant dû revoir à  la baisse l’enveloppe consacrée à  l’événement (100 millions contre 120 millions en 2011). Selon une source officielle, la contribution de la société civile est de l’ordre de 950 millions. Contrairement aux éditions précédentes, cette 18ème édition n’enregistrera pas de parrainage mais sera marquée par une visite de courtoisie chez le plus âgé des Maliens : la doyenne Ba Sokona Keita, habitante de Bamako. Par le passé, cette vielle dame avait reçu un chariot, des tapis de prière, une maison et des enveloppes. Agée de 127 ans, Mme Keita a aujourd’hui trois filles et 26 petites filles. Un événement insignifiant ? Largement médiatisé, ce mois de la solidarité n’enthousiasme pas tout le monde. «Â Ce sont des dons qui ne permettent pas aux bénéficiaires d’investir dans des projets afin de gagner leur vie » regrette le responsable d’une organisation de la société civile. Nombre de Maliens laissent entendre que cet événement n’a pas de sens si les autorités se contentent d’offrir des vivres d’une quantité insignifiante et d’apporter une assistance financière symbolique aux personnes défavorisées devant les medias à  des fins politiques. Même son de cloche chez les organisations d’handicapés que nous avons rencontrées. Elles estiment sous couvert d’anonymat qu’«Â avec le dernier régime, la solidarité a perdu toutes ses vertus. C’’est du folklore maintenant. Nous voulons que les autorités s’attèlent plutôt à  créer des emplois, qu’on finance nos projets pour que nous puissions faire des activités génératrices de revenus ».

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