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Le calvaire des Maliens en Guinée équatoriale

Dimanche 14 octobre. Terminal 2 de l’aéroport international de Casablanca, au Maroc. Une vingtaine de Maliens sont en transit. Ils rentrent au Mali après avoir été arrêtés et emprisonnés pendant plus de quatre mois en Guinée équatoriale. Ils sont déçus de quitter un pays synonyme de réussite, mais soulagés de quitter des centres de détentions inhumains pour retrouver leur pays, quelque soient les nouvelles difficultés qu’ils vont y trouver. La xénophobie au sommet de l’Etat A bord du vol Royal Air Maroc AT 523 à  destination de Bamako, Abdoulaye Traoré raconte. « En Guinée équatoriale y a trois grandes institutions : le président de la République, sa femme et son fils. Quand l’un d’entre-eux est de mauvaise humeur, il vient à  la télé et lance des propos xénophobes. Ils demandent aux forces de l’ordre de contrôler tous les étrangers. Elles se lancent alors dans une opération partiale en les arrêtant tous, qu’ils aient des papiers ou pas.» Un partenaire de malheur d’Abdoulaye Traoré assure qu’ils étaient 170 détenus dans un petit logement sans électricité ni aération, et qu’ils étaient mal nourris. Des Camerounais, des Nigérians, des Maliens, des Béninois et d’autres africains. Tous arrêtés et pour certains refoulés sans pouvoir récupérer leurs biens. Des conditions de détention épouvantables Quand l’un d’entre-eux s’évanouissait, épuisé, les gardiens ne bougeaient pas. Il fallait donc traà®ner le malheureux vers un petit trou d’aération o๠il pouvait mieux respirer et reprendre ses esprits. Ceux qui pouvaient réunir assez d’argent pour se payer l’avion du retour pouvaient rentrer. Les autres étaient condamnés à  vivre dans ses conditions, voire à  y mourir. Malgré leur calvaire, les passagers du vol rendent hommage à  l’actuel ambassadeur du Mali en Guinée équatoriale, le Général Cissé. Il aurait selon eux négocié pour que les Maliens puissent avoir accès à  leurs cartes de séjour. Au-delà  de cet acte salutaire, il s’est beaucoup impliqué dans la résolution des problèmes rencontrés par ses compatriotes. Contrairement à  certains de ses conseillers qui font des malheurs des Maliens un « business » fructueux. Arrivés à  Bamako vers 2h00 du matin, la vingtaine de Maliens ont été accueillis à  la descente de l’avion par l’ambassadeur du Mali à  Malabo. Ils ne pleuraient pas de joie. Ils n’ont absolument rien pour rentrer dans leurs familles. Le général Cissé nous a confié en bas de la passerelle qu’ils ont été refoulés pour des raisons de papiers.

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