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Wawou Naciré, « recycleuse » avant l’heure

« Mes sandales avaient brûlé, J’étais tellement frustrée que je me suis mise à  jouer avec la pate de plastique molle qui était à  mes pieds. Et C’’est comme ça que tout a commencé », raconte Wawou Naciré, la cinquantaine pétillante. Cela fait près d’une quarantaine d’années que Wawou a inventé son métier. Elle est devenue recycleuse de sandales en plastiques, alors même que la notion de recyclage était inconnue sous nos cieux. Du flair, de l’ingéniosité et voilà , le système D qui crée des richesses. Un savoir-faire partagé A partir de la matière plastique récupérée et ramollie, elle fabrique bracelets, bagues et colliers qui ont fait sa réputation à  Djénné, sa ville natale et bien au-delà . « Quand les touristes venaient, mes produits étaient parmi les plus prisés » explique-t-elle en précisant que depuis presque deux ans maintenant, les affaires ne marchent plus bien. Avant, les marchands d’objets d’art en argent et autres maroquiniers venaient troquer leur marchandise contre la sienne qui avait plus de succès auprès des visiteurs. «Aujourd’hui, ce n’est pas pareil. Mais ce n’est pas pour autant que je vais arrêter ! » s’empresse-t-elle d’affirmer. Il est vrai que Wawou a tout gagné avec le plastique recyclé. Un savoir-faire qu’elle a transmis à  plusieurs générations après elle. Mais aussi des revenus conséquents qui lui ont permis de subvenir aux besoins de sa famille. Mariée et mère de dix enfants, elle a transmis sa connaissance à  plusieurs de ses filles qui suivent ses traces. Elle a également réussi à  regrouper les femmes de Djénné au sein d’une coopérative dénommée « Sabou Maaya »qui regroupe une centaine de femmes. « Nous avons inventé les bracelets pour la diva Oumou Sangaré. D’ailleurs ces créations portent son nom. Nous en sommes très fières. Mais on ne s’arrête pas en si bon chemin. Même si le marché n’est plus très bon, on continue d’innover. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on en crée quelque chose. Là , on a fait des bagues avec de jolies couleurs, mais il y aussi plein d’autres choses ». Pour Wawou Naciré, ce qui manque le plus ce sont les fonds et les contacts. Car, elle aimerait bien participer à  des foires internationales, comme les autres artisans maliens et porter le message de ses sœurs de Djénné qui ont adhéré avec elle au principe que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

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