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Pourquoi ADO a viré son gouvernement ?

Comme à  chaque fois que les rumeurs enflent o๠que les critiques fusent sur un président nouvellement élu, un remaniement gouvernemental s’impose pour faire taire les mauvaises langues.… Au Sénégal, Macky Sall l’a fait récemment en changeant non pas le sobre et discret Abdoul Mbaye, tête de l’exécutif, mais en faisant quelques retournements de manivelles à  des ministères clés comme l’intérieur ou les Affaires étrangères. Des nouveaux occupants, on confesse qu’ils s‘ajustent mieux à  la fonction que leurs prédécesseurs relevés. A Abidjan, la nouvelle est tombée ce mercredi. Alassane Ouattara, qui du reste doit aussi gérer la crise malienne, après la sienne, a fait tomber son gouvernement à  l’issue du traditionnel conseil des ministres. Pour l’heure, nul ne sait si Jeannot Kouadio Ahoussou, précédemment ministre de la justice et qui a rapidement succédé à  Guillaume Soro, au temps fort de la réélection d’ADO, va rester. Dissensions dans la majorité A l’origine de ce remaniement, rapporte le Secrétaire général de la présidence, des dissensions au sein de la majorité, qui unit principalement le Rassemblement des républicains (R de M. Ouattara, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié et un petit parti, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI). Un projet de loi du gouvernement sur le mariage aura ainsi été boycotté au Parlement par les groupes PDCI et UDPCI, ce qui aurait fragilisé l’alliance politique avec le parti au pouvoir. ADO n’aurait-il pas apprécié la manœuvre ? Et décidé de faire sauter quelques têtes ? Si la nouvelle du remaniement s’est vite propagée sur les bords de la lagune Ebrié, on n’ignore pour le moment la composition de la nouvelle équipe. Le président Ouattara aurait d’ores et déjà  engagé les consultations avec la classe politique ivoirienne pour élire un nouvel exécutif. Sur le site Fratmat.info, l’un des quotidiens ivoiriens proches de l’ex pouvoir, on peut lire : «Â  En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, le Premier ministre et les ministres restent en place pour expédier les affaires courantes ». Le processus de réconciliation en danger… Dans le précédent gouvernement, ADO avait formé des alliances, mais s’était attribué le ministère stratégique de la Défense pour dit-on, réhabiliter l’armée fragilisée par dix ans de conflit, mais aussi pour poursuivre une réforme des forces de défense. Cela suite à  une série d’attaques contre les FRCI, en août dernier puis en septembre et octobre, mettant en jeu le processus de réconciliation nationale . l’urgence était donc au renforcement sécuritaire sur fond d‘arrestation d’ex dignitaires du régime Gbagbo, que les partisans de l’actuel président avait accusé d’être à  l’origine des attaques. Du côté des ONG, on dénonçait par ailleurs les pressions exercées par le pouvoir contre l’opposition démocratique, particulièrement le Front populaire ivoirien, qui a vu ses journaux interdit, ses dirigeants harcelés en justice et même les locaux du parti attaqués. Toujours, selon le FPI, plusieurs de ses militants ont même été emprisonnés et même victimes de disparition forcée et d’actes de torture, précise l’Humanité; Si Laurent Gbagbo croupit à  La Haye en attendant de connaà®tre son sort, le procès de l’ex première dame Simone Gbagbo lui a débuté. Elle a été entendue par la justice mardi 13 novembre à  Odienné pour son implication dans la crise post électorale. Simone Gbagbo est accusée de génocides, de crimes de sang, d’atteinte à  la sureté de l’état, et de crimes économiques. Autant dire que la justice a du travail avec l’ex couple présidentiel. La plaie reste vive en Côte d’Ivoire. Panser les blessures d’une crise politique de près de dix ans, prendra du temps. Face à  un climat social et politique délétère, le processus de réconciliation nationale peine véritablement à  s’installer en Côte d’Ivoire. Alors, un remaniement ministériel n’était-il pas la solution pour calmer les esprits ? Pour le moment en tout cas…

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