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Boubacar Bah : « Pour le nord, je suis optimiste ! »

s’il est aussi le Président de l’Association des Maires du Mali. Boubacar Bah, gère la commune V de Bamako. Malgré les défis, on peut encore aujourd’hui déplorer l’état de non développement de certaines communes de Bamako et dans les régions, un manque flagrant d‘infrastructures sociales, éducatives ou de santé de qualité, bases même du développement local. Mais que font nos maires pourrait-on encore se demander ? Comment prennent-ils en compte l’aspect local pour satisfaire le citoyen. Le Maire n’est-il pas le premier interlocuteur du citoyen en détresse ? Journaldumali.com : Comment l’Afrique peut-elle se développer à  partir de ses territoires, thème de ce 6è sommet Africités ? Boubacar Bah : Depuis longtemps au Mali, on a parlé de décentralisation. Chacune de nos 8 régions au Mali a son schéma d’Aménagement directeur, mis en exergue par le Forum sur la décentralisation. Mais ces textes ont rarement été appliqués et cela nous aurait, dans le cas contraire, évité la crise que nous vivons aujourd’hui. On parle d’un nord qui n’est pas développé, mais combien de milliards ont été injectés dans cette partie de notre pays aujourd’hui occupée ? Journaldumali.com : la gestion des territoires, quelle vision en avoir ? Boubacar Bah : Il faut une cohérence dans la gestion des territoires, donc des hommes. Mais on ne gère pas seulement des hommes, mais aussi des ressources. Un exemple, tout le budget de l’éducation, ne pas va pas aux régions, seulement une infime partie. Il n’y a donc pas un transfert efficace de ressources et d’intellectuels pour former les élites dans nos régions. D’o๠l’exode vers la capitale . Pourtant l’ancien président du Cap Vert, Pédro Pires l’a mentionné : «Â O๠sont nos intellectuels, nos universitaires ? » Chaque région du Mali devrait avoir une université et des cadres compétents pour former les étudiants…Le cas de Ségou est encourageant avec la nouvelle université et nous disons aux enseignants : «Â  restez dans les régions pour créer le dynamisme local ». Et dans l’autre sens, il faut à  tout pris drainer les ressources vers les régions. Journaldumali.com : Vous disiez que des milliards avaient été injectés au nord ? Pourquoi un tel état de dénuement dans ces régions ? Boubacar Bah : Avant de vous réponde, je tiens à  préciser que nous sommes aussi à  Africités pour faire connaà®tre la position malienne. Et rétablir certaines vérités. Lorsque Ban Ki Moon parle des risques d’une guerre au nord, il a tort. Tout le monde doit savoir qui sont nos ennemis, qui est le MNLA ? Tous ne sont pas des touaregs. Qui est Ansar Dine ? Pas seulement des Maliens etC’… Nous ne sommes pas des va t-en guerre, mais après avoir négocié, une fois, deux fois, trois fois, la politique doit se doter d’un bras armé comme l’a évoqué le président Dioncounda Traoré. Mais il nous faut reconstruire notre armée de A à  Z. Quant aux ressources du nord, il y a eu plus de 1100 milliards injectés dans le développement du nord, on ne peut dire que le nord a été marginalisé. Mais il y a eu 40 ans de «Â mal-développement ». Malgré tout, il faut signifier certaines avancées au niveau local. Je parle du désenclavement, la route de Ségou à  Niafunké, est en voie de bitumage. Celle de Kidal à  Anéfis a été réalisée. Il faut rétablir la vérité sur ce qui a été fait, et bien entendu, en terme de développement local, beaucoup reste à  faire. Journaldumali.com : Etes-vous optimise sur la sortie de crise malienne ? Boubacar Bah : Je suis résolument optimise. Au Mali nous nous connaissaons tous. Et nous savons qui sont ces Maaliens qui ont pris les armes. Mais Iyad qui a négocié les libérations d’otages pour le Mali, était de l’Adema. Algabass Intallah de Kidal l’était aussi. Tous les signataires du Paxcte National sont hors de cette questions. Donc il y a aussi matière à  négocier dans la mesure du possible. Et pour cela nous avons des gens qui connaissent le nord et ses représentants, je veux parler ‘hommes comme Diagouraga, Ali Nouhoum Diallo ou même Mohamed Ag Erlaf. Ils connaissent la problématique du nord, alors oui, je suis optimiste !

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