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Ravec : Les réserves d’un administrateur civil

Le Recensement administratif à  vocation d’état civil (Ravec) est loin d’être un exemple d’assurance pour les prochaines élections. Cette opération qui a coûté des milliards au trésor malien souffre de quelques lacunes susceptibles d’entacher la transparence des élections. l’opération a souffert du comportement peu honnête de certains agents de recensement, majoritairement des jeunes diplômés sans emploi, obnubilés seulement par le pactole que constituaient les per-diems. C’’est la conviction de l’administrateur civil chevronné qui n’a pas souhaité décliner son identité. En effet, explique-il-il, pendant le recensement beaucoup ont prétexté une maladie dans les coins de brousse pour retourner vite à  Bamako sans achever leur travail. Il a été par exemple noté qu’un chef de village avait neuf ans et un médecin qui n’avait que quelques mois. Selon son constat, devant la menace ne pas pouvoir bénéficier des documents administratifs maliens sans être recensés, beaucoup de nos compatriotes de l’intérieur du pays ont fait la ruée in extremis sur des communes proches. C’’est ainsi que plusieurs personnes ont été recensées en commune IV du district de Bamako alors qu’en réalité ils habitaient dans les régions. Plusieurs familles n’ont pas pu se faire recenser dans certains coins. Elles n’ont du leur salut qu’en se rabattant sur les zones o๠le recensement continuait son petit bonhomme de chemin. Les propos de cet habitant de Kalanbacoro sont assez illustratifs et corroborent le constant de l’administrateur civil : «Â  Lorsqu’on s’est rendu compte de la fin du recensement dans notre commune qui relève de Kati, il fallait tout faire pour qu’on soit recensé quelque part. C’’est ainsi que des familles sont parties se faire recenser dans les communes V et VI». Une situation qui, reconnaà®t d’ailleurs notre interlocuteur, n’est pas sans conséquence au moment du vote. «Les conséquences d’une telle cacophonie sautent aux yeux. Toutes ces personnes recensées en dehors de leur circonscription électorale ne pourront pas en principe voter. », regrette le vieil administrateur civil. La prise en compte de ces manquements par le jeune ministre en charge des élections, Moussa Sinko Coulibaly déjà  à  cheval sur les préparatifs pour les 2013, espère celui qui capitalise près d’une quarantaine d’années dans l’administration malienne, aura tout son pesant d’or dans l’organisation d’élections transparentes et crédibles.

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