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Batailles furtives au milieu des rizières près de Diabali

Bamako n’est qu’à  400 kilomètres, mais si loin de cette ville sous contrôle gouvernemental, la dernière avant Diabali, prise lundi par la coalition réunie autour d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). C’est vers cette zone qu’ont convergé des forces françaises, dont quelques éléments à  bord de VAB (transports de troupes blindés) sont encore visibles sur la route de Bamako. A quelques dizaines de kilomètres, en direction du nord, les pick-up de la coalition djihadiste (AQMI, Ansar Eddine et sans doute le Mujao) ont reçu des renforts mardi 15 janvier. Depuis, ils y ont subi des frappes et s’installent dans les maisons, ainsi que, dans la mesure du possible, aux environs. Diabali est presque une à®le au milieu de l’Office du Niger, vaste zone irriguée o๠pousse riz et canne et sucre. Quelque part entre champs et canaux, il y a aussi des troupes françaises, avec des forces spéciales. Entrées dans Niono la veille, ces troupes ont été acclamées en ville, avant de disparaà®tre dans la nature. Sans doute sont-elles en train de s’approcher de la zone de regroupement des combattants d’AQMI et d’Ansar Eddine. Ces derniers, en bonne logique, n’ont aucune raison de servir de cible en restant groupés au centre de Diabali. Vont-ils faire mouvement ? Niono tremble à  l’idée d’être leur prochaine étape. Des rafales tirées par un militaire malien Mercredi 16 janvier, en fin d’après midi, la ville a cru voir arriver ceux qu’on appelle ici « les djihadistes » et cédé à  la panique.  » Le bruit a couru que les djihadistes sont à  la lisière , avec des velléités, s’exaspère le préfet de Niono, mais il n’y a rien ! » On a entassé hommes, bêtes et marchandises dans tous les minibus disponibles pour s’éloigner vers les villes voisines, de Markala à  Ségou. Pour couper la route d’une éventuelle progression, à  18 heures, les autorités ont fait relever le vieux pont Robert. L’ouvrage, antédilluvien, permet aux chalands qui naviguent sur le canal longeant la ville de passer. En cas d’inquiétude, c’est ainsi qu’on ferme la porte nord de Niono. Et puis l’attente a repris dans la ville en partie vidée. En fait d’offensive, il n’y avait eu, vers 16 heures, qu’une série de rafales tirées par un soldat malien qui avait confondu des bergers avec des rebelles. Cela a suffi pour que la population prenne un coup de sang, et que le reste du Mali, prévenu par téléphone, imagine déjà  les rebelles à  Niono. L’armée malienne présente en ville a coiffé ses casques lourds, et tâché de participer à  l’opération éventuelle, dans un grand état d’agitation. « C’est la recherche de la domination par la religion Il faut voir, dans son bureau, le préfet Seydou Trahttp://journaldumali.com/private/article.php?id=5809oré garder la tête froide, gérer la défense et la panique, enchaà®ner les coups de fil et répondre à  une pléiade d’autorités, jusqu’à  Bamako que non, on ne se bat pas à  Niono et, du reste, « non et non », pas non plus « au corps à  corps dans les rues » à  Diabali. Le préfet, militaire, a suivi les rébellions précédentes depuis les années 1990, et sait comment on traite normalement le mal de la guerre au Mali :  » par des négociations. » Cette fois-ci, selon lui, on a encore traité la nouvelle galaxie rebelle de la même façon : « On les a caressés dans le sens du poil, mais ce n’est pas une rébellion, c’est une agression, c’est la recherche de la domination par la religion ! » Entre deux sonneries, le préfet soupire : « A ce rythme, on va se battre entre nous avant que les premiers coups de feu contre les djihadistes aient été tirés. » Un autre fonctionnaire propose de décréter une « mobilisation générale » de la population dans la ville et de chercher les  » collabos  » des islamistes afin de « les éliminer pour l’exemple ». Hypothèse aussitôt oubliée. Lire la suite sur Lemonde.fr (merci de copier l’url suivante) http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/01/17/mali-batailles-furtives-au-milieu-des-rizieres-pres-de-diabali_1818248_3212.html

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