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Il y a dix ans débutait « Irak Freedom »

Libérer les irakiens du joug de Saddam Hussein, éliminer les « armes de destruction massive », lutter contre le terrorisme… autant de bonnes raisons avancées il y a tout juste dix ans pour justifier la guerre en Irak. «Toutes les guerres sont des erreurs», affirme pourtant le général australien Peter Cosgrove, qui dirigeait en 2003 les forces australiennes en Irak, membre de la coalition. Le 20 mars 2003, les à‰tats-Unis avec leurs alliés se sont lancés dans leur campagne, une guerre d’envergure sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, et malgré l’hostilité de la France, de la Russie et de la Chine. Une guerre éclair qui aboutit en quelques jours à  la chute du régime de Saddam Hussein, mais plongera durablement l’Irak dans le chaos. Le 13 décembre 2003, Saddam Hussein est débusqué dans sa cachette près de Tikrit, barbu, hirsute, méconnaissable. Il sera exécuté par pendaison un an plus tard. Les « faucons » de Washington avaient tout fait pour justifier cette invasion d’un territoire souverain. Aujourd’hui, les américains eux-mêmes sont divisés sur les retombées de cette guerre pour leur pays, pour l’Irak et pour le monde. Une guerre coûteuse… Des centaines de milliers d’irakiens ont payé de leur vie les ambitions américaines de continuer à  régenter le monde. Plus de 4500 soldats américains sont tombés sous le champ de bataille. La guerre en Irak a couté cher tant aux civils qu’aux militaires. La facture financière est également colossale ! Plus de mille milliards de dollars ont été dépensés. Pour quel résultat ? l’image des Etats Unis a été écornée par le « mensonge » qui a étayé l’entrée en guerre. Les armes de destruction massive, alibi à  l’invasion, n’ont jamais été retrouvées. Cette histoire a entraà®né une perte de confiance de la communauté internationale. La démocratisation du Proche Orient, autre cheval de bataille des USA et imposée de force en Irak, est loin d’être acquise. Pour les observateurs, les printemps arabes résultent de la guerre en Irak. Au regard de ce qui se passe dans les différents pays concernés, avec l’arrivée d’islamistes radicaux et les conséquences sur les libertés, on peut se demander si le bilan est positif… Pourquoi l’Amérique de Gorge W. Bush a-t-elle envahi l’Irak? Cette question mérite encore d’être posée aujourd’hui. Pour en chasser un tyran et y parachuter des valeurs démocratiques? Pour renforcer l’influence des Etats Unis dans la région, C’’est certain. Mais aussi, comme l’affirme de nombreux experts de la région, reprendre pied dans un pays stratégique du point de vue énergétique et d’en évincer la Chine et la Russie, qui y avaient développé leurs intérêts. Dans son livre Le Temps des turbulences paru en 2007, Alan Greenspan, qui dirigea la Réserve fédérale de 1987 à  2006, n’a pas hésité à  dire tout haut «ce que tout le monde sait: l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole». Et cette guerre, alors que les américains quittent l’Irak, n’est pas encore finie…

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