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Centrafrique : un autre régime africain à terre

François Bozizé, le désormais président déchu de la Centrafrique fuit son palais présidentiel dimanche, traqué par les rebelles de la coalition Séléka. François Bozizé était au pouvoir depuis dix ans et demeurait introuvable dans la soirée de dimanche. Les rebelles centrafricains de la coalition Séléka ont pris Bangui dimanche matin, après une rapide offensive. Ils avaient lancé une première offensive le 10 décembre 2012 dans le nord du pays et enchaà®né victoire sur victoire face aux forces gouvernementales. La rébellion avait stoppé sa progression sous la pression internationale à  75 km au nord de Bangui. Des accords à  Libreville avaient débouché sur la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les rebelles ont déclenché à  nouveau les hostilités vendredi et déclaré vouloir mettre en place un gouvernement de transition s’ils prenaient Bangui. Ils annonçaient le non respect des accords de Libreville. Débandade… Les échanges de tirs ont été très intenses dimanche vers 08H00 (07H00 GMT) puis sporadiques, a constaté l’AFP dans le centre de Bangui. « On a entendu des tirs partout dans le centre ville, et c’était la débandade. Tout le monde s’est mis à  courir dans tous les sens », a relaté une femme partie à  la messe à  la cathédrale, proche du palais présidentiel. « On vient d’abattre quelqu’un. Je ne sais pas si c’était un militaire ou un civil, mais il essayait de fuir sur sa moto ». Dans le centre, les sociétés de téléphonie Orange et Télécel ont été saccagées, a constaté l’AFP. Les pillards ont presque tout emporté, repartant avec des ordinateurs, des bureaux et même des chaises. Les bâtiments institutionnels n’ont pas non plus été épargnés. Les rebelles ont attaqué le bureau de l’Unicef, et certains ont commencé à  circuler au volant de véhicules estampillés Nations unies. Dispositif militaire français renforcé La situation a conduit le président Déby à  appeler la Fomac (Force multinationale d’Afrique centrale), dont le Tchad fait partie, à  aider à  sécuriser la ville. Paris a annoncé avoir « renforcé » son dispositif pour assurer la sécurité des Français. Quelque 300 soldats ont été envoyés en renfort à  Bangui au cours du week-end, a indiqué l’état-major des armées françaises, portant à  quelque 550 soldats les effectifs en Centrafrique o๠vivent environ 1.200 Français. Aucun combat n’est mené dans la capitale centrafricaine par les forces françaises. l’objectif premier est la sécurité des Français. D’autres forces africaines sont présentes dans la capitale centrafricaine telle que l’armée sud africaine. Un éternel recommencement La Centrafrique, dont le sous-sol regorge de richesses minières, est enclavée entre le Tchad, le Soudan, la République démocratique du Congo (RDC), le Congo et le Cameroun. Dans ce pays, la peur de la démocratie érode toute possibilité de compromis politiques durables. La gouvernance du régime Bozizé était donc vide de sens puisqu’elle a toujours refusé tout dialogue avec l’opposition politique civile. Après leur coups de force, les rebelles de la Séléka ont affirmé vouloir organiser des élections, mais dans les trois prochaines années… Michel Djotodja est le nouvel homme fort de la Centrafrique, et dimanche 24 Mars, il s’est autoproclamé Président de la République. C’’est le début d’une longue marche entamée en Centrafrique. Jusque là , sur cinq présidents depuis l’indépendance de ce pays, trois ont le pris le pouvoir par les armes. On se souvient que feu le président Ange-Félix Patassé [1993-2003] avait eu recours aux miliciens du Congolais Jean-Pierre Bemba pour arrêter l’avancée de l’ex-chef rebelle, François Bozizé, qui vient à  son tour d’être renversé par les rebelles. L’ex président Centrafricain serait en fuite au Cameroun et sa famille réfugiée en République démocratique du Congo…

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