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Il a menti…Et alors?

l’affaire Jérôme Cahuzac en France est à  la Une de tous les médias. Cet ex ministre français du gouvernement français de François Hollande est accusé de blanchiment de fraude fiscale. M.Cahuzac avait nié en bloc avoir possédé un compte bancaire en Suisse puis accablé par des preuves irréfutables, il a ensuite tout avoué. Le comble, pour les militants socialistes d’abord, mais aussi pour tous les français qui se disent trahis. En Afrique, qui irait se fatiguer à  dénoncer des « mensonges » ? Les Africains sont habitués aux magouilles politiques et politiciennes. Au point o๠cela semble normal. Mamadou Lamine Diallo est un proche d’un grand parti politique au Mali. Selon lui, « tous les politiciens passent à  côté de la vérité pour arriver à  leur fin. C’’est devenu normal. Personne n’y prête plus attention en tout cas pas au Mali ». Lors de campagnes présidentielles et autres, les candidats ne tarissent pas de promesses pour les populations. Une fois élus, ils oublient tout le programme présenté pour en arriver là . Ceci, au profit d’ambitions personnelles qui, parfois, ne réjouissent pas du tout le peuple. La vérité sous le boisseau Un ancien ministre de la santé du Mali Oumar Ibrahim Touré était devant la cour d’assises en décembre 2012 suite au scandale du détournement du Fonds mondial (ndlr : un fonds consacré à  la lutte contre la tuberculose, le Sida et le paludisme). Au ministère de la santé à  l’époque, les accusations portent sur faux et usage de faux, surfacturations en interne, marchés fictifs, sommes faramineuses détournées à  des fins personnelles. Près de 2 milliards de FCFA, C’’est le montant du détournement dans les fonds, perpétré par les agents du ministère à  l’époque. Des exemples de ce genre sont pléthores dans les institutions maliennes avec des montants plus ou moins conséquents. Des « affaires » qui sont soit étouffées ou alors accouchent d’une souris quand elles sont portés sur la place publique. Alors que Jerôme Cahuzac ne pourra probablement plus jamais exercé de fonction élective ou même publique, chez nous, ces mêmes personnes poursuivies pour des délits majeurs reviennent sur la scène politique! Ils créent des partis politiques, se refont une « virginité » et oubliées, les casseroles! Une presse forte! l’autre aspect de « l’affaire Cahuzac », C’’est la force de la presse. Autant celle de Médiapart, site de journalisme d’investigation qui révélé le pot aux roses, preuves et détails à  l’appui, que celle des journaux proches de la gauche française qui ont tenté jusqu’au bout de blanchir l’ex-ministre. s’il y a une leçon à  en tirer, C’’est bien que la presse est réellement le 4ème pouvoir. A condition qu’elle se donne la peine de travailler dans ce sens. Chez nous, les hommes de médias devraient cesser de cautionner les irrégularités politiques et les dénoncer. D’aucuns diront qu’elles le sont déjà . Certes ! Mais trop souvent encore, sous la forme d’attaques personnelles, non ou peu étayées par des preuves concrètes. La démocratie, dont tous parlent tant depuis 20 ans et encore plus ces temps-ci, a vraiment besoin d’hommes et femmes politiques intègres et de journalistes, conscients de leur rôle ! A bon entendeur…

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