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Elections: Fabius vient mettre la pression

C’’est une visite éclair au calendrier chargé qu’entreprend ce 5 avril le chef de la diplomatie française à  Bamako. Laurent Fabius enchaà®nera les entretiens avec les autorités maliennes et les responsables de partis représentés à  l’Assemblée Nationale. Au menu de ces échanges, les élections annoncées pour juillet prochain. Le président français avait affirmé il y a une semaine lors d’un entretien télévisé que son pays serait « intraitable » sur le respect du calendrier des élections. Une formule qui n’est pas passée inaperçu, de nombreuses personnalités maliennes se sont d’ailleurs insurgées contre les relents paternalistes du discours de François Hollande. «A l’impossible, nul n’est tenu» C’’est avec un peu plus de diplomatie que Laurent Fabius tâchera de mettre les points sur les « i » à  ses partenaires maliens. Il estime et entend bien le faire entendre à  Bamako qu’ « il faut les élections en juillet, parce qu’il faut une nouvelle légitimité démocratique ». « Les Maliens doivent faire leur part du travail. C’est très confortable pour eux qu’on s’occupe de l’aspect sécuritaire, mais il faut qu’ils avancent de leur côté sur le plan politique », insiste-t-on à  Paris. A Bamako, on s’inquiète aussi du respect de ce calendrier qui prévoit un premier tour de la présidentielle en début juillet. Les conditions sécuritaires dans les régions du Nord libérées par l’armée avec le soutien des militaires français, sont loin d’être favorables à  la tenue d’un scrutin. Il y a également le cas des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées pour qui un retour au pays n’est pas encore d’actualité. Enfin la question financière. Le budget des élections n’est pas encore bouclé : il manque 25 millions d’euros pour organiser le scrutin, indique un diplomate français, « mais ce n’est pas insurmontable ». Mais les autorités clament leur bonne volonté. « Nous faisons tout pour ça. Mais à  l’impossible, nul n’est tenu, parce que cet objectif est très difficile à  atteindre pour le moment », a déclaré un ministre malien sous le couvert de l’anonymat. Réconciliation indispensable Laurent Fabius parlera également à  Bamako de réconciliation. Le Mali s’est doté il y a quelques semaines d’une Commission de dialogue et de réconciliation dont le président Mohamed Salia Sokona, rencontrera M. Fabius pendant son séjour. Paris avait fortement encouragé la création de cette institution dont l’objectif est d’œuvrer à  la reconstruction du tissu social mis à  mal par la crise socio-politico-militaire que vit le pays depuis plus d’un an. Favoriser le dialogue entre le Sud et le Nord, tourner la page de la méfiance entre les Noirs d’un côté et Arabes et Touareg de l’autre. l’une des pistes évoquées pour ce faire est la transformation du Mouvement National de Libération de l’Azawad (rébellion touareg à  l’origine de l’occupation des régions nord du Mali par les islamistes armés) en parti politique. Un objectif qui semble cependant lointain, comme l’illustre la situation à  Kidal, berceau des touareg dans le Nord-Est, o๠le MNLA a désigné fin mars un « administrateur » et refuse toujours la présence de l’armée malienne.

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