International › Monde

Nigéria: que s’est-il passé à Baga?

187 morts et près de 80 personnes encore dans un état grave à  l’hôpital. Voila le bilan des affrontements entre armée et islamistes à  Baga (nord-est). C’est le plus lourd bilan en un jour depuis le début de l’insurrection islamiste dans la région nord du pays. La communauté internationale et en particulier les à‰tats Unis ont vivement condamné « la mort de tant de civils innocents ». Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est déclaré « choqué » par le bilan des victimes et a appelé « tous les groupes extrémistes à  cesser leurs attaques ». Bain de sang Le président nigérian Goodluck Jonathan a ordonné une enquête approfondie pour établir ce qui a conduit à  tel bain de sang, le 19 avril à  Baga, un village de pêcheurs sur les rives du Lac Tchad. La localité est aujourd’hui en ruines, plus de la moitié de ses habitations ont été détruites par les flammes. Baga est situé à  150 kilomètres de la ville de Maiduguri, considérée comme le berceau du groupe Boko Haram. Selon de premières informations, les combats ont commencé lorsque des soldats ont encerclé une mosquée o๠des insurgés étaient cachés. Mais selon un habitant, les violences ont en fait éclaté quand des militants armés de Boko Haram ont voulu rentrer dans un centre o๠des habitants ont l’habitude de « regarder des matchs de football ». Les islamistes auraient ensuite tiré dans la foule paniquée qui tentait de fuir, toujours selon le récit de cet habitant. Des soldats qui se trouvaient à  proximité sont intervenus avant de se replier face à  des insurgés lourdement armés. Des habitants ont affirmé que les hommes de Boko Haram étaient armés de lance-roquettes anti-char. Des soldats sont ensuite revenus avec des moyens militaires renforcés. Des insurgés tués mais aussi de nombreux civils Ensuite, des soldats ont « commencé à  tirer et à  incendier les maisons. Ils ont ouvert le feu sur tout ce qui bougeait. Les femmes, les enfants et les personnes âgées n’ont pas été épargnés », a déclaré cet habitant sous couvert de l’anonymat. A Washington, le porte-parole du département d’Etat, Patrick Ventrell, a déclaré que les Etats-Unis condamnent ces violents affrontements et mis en garde les autorités contre le seul recours à  la force armée. Washington soutient pourtant Abuja dans sa lutte contre Boko Haram mais estime que les autorités nigérianes doivent comprendre que « l’extrémisme violent nécessite plus que la simple réponse sécuritaire » et doivent « répondrent aux problèmes des communautés vulnérables », selon M. Ventrell. Depuis 2009, les attaques de Boko Haram dans le centre et le nord du Nigeria, et leur répression par l’armée, ont fait au moins 3.000 morts.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut