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Dépigmentation au Mali : la chaleur décourage les pratiquantes

La dépigmentation consiste à  utiliser des produits cosmétiques à  base d’hydroquinone ou de corticoà¯des, dans le but d’éclaircir la peau. La dépigmentation volontaire est une pratique essentiellement féminine en Afrique. Toutefois, les hommes peuvent y recourir également, notamment dans certains pays d’Afrique Centrale. C’’est dans les années 50 que le potentiel éclaircissant de l’hydroquinone a été découvert de façon fortuite, sur des ouvriers à  peau dite noire travaillant dans une usine de caoutchouc aux Etats-Unis (dépigmentation des parties découvertes). Dès lors, la dépigmentation volontaire commence à  se développer dans les années 60 et 70. Historiquement, la pratique de la dépigmentation volontaire prend son essor en Afrique du Sud. Les marchés anglophones africains constituent la destination initiale des produits (descriptions dès 1961 en Afrique du Sud et dès le début des années 70 au Sénégal). Le thermomètre peut grimper en ce mois mai au delà  des 40° dans la capitale malienne. De nombreuses femmes « moi j’ai des moyens limités. Celles qui ont des voitures et maisons climatisées peuvent se permettre de continuer l’utilisation de ces produits. J’arrête momentanément puisque j’ai des boutons un peu partout sur la peau » se désole Maà¯mouna Kanté, commerçante. Mariam Ndiaye est une malienne d’origine sénégalaise, âgée d’environ 50 ans, elle s’éclaircie la peau depuis plus de quinze années. « J’aime m’éclaircir la peau avec les produits. à‡a Ne me pose aucun problème sauf en période de chaleur parce qu’en temps normal je frotte ma peau avec mes mixtures deux à  trois fois par jour » raconte-t-elle avec le sourire. Les agressions contre la peau sont nombreuses Le phénomène se répand rapidement en Afrique subsaharienne à  partir des années 80. La dépigmentation volontaire s’est largement développée au cours de ces 20 dernières années, avec la mise à  disposition, à  la fin du XXème siècle de moyens techniques d’éclaircissement efficaces, faciles d’emploi et bon marché. Cette progression pourrait en partie s’expliquer par l’influence que peuvent exercer certaines industries spécialisées dans les cosmétiques pour peaux fortement pigmentées, par le biais de publicités volontairement agressives et omniprésentes dans certaines presses féminines. A Bamako, « sur dix femmes, huit se dépigmentent la peau » selon les constats du Dr Adama Dicko, dermatologue à  l’institut Marchoux. Ces femmes utilisent différents produits « il n’y a pas que les corticoà¯des, des substances comme le citron est utilisé, même la vaseline contient à  20 % des éléments dépigmentant. Souvent seules les pratiquantes ont le secret de leurs produits ». Les produits utilisés contiennent souvent du mercure. Le phénomène est très répandu et cause d’innombrables problèmes de peau. « Des problèmes esthétiques peuvent survenir, par exemple, des zones résistent aux crèmes et ne s’éclaircissent pas C’’est le cas des doigts, du contour des yeux et du dos. Et même le traitement de ces zones est très difficile » explique le Dr Dicko. D’autres complications peuvent se manifester « il s’agit de complications bactériennes et de complications parasitaires entre autres. Ces femmes peuvent attraper la gale. Chaque produit a son mécanisme d’action » confie le Dr Dicko. En Afrique, les magazines, la publicité et le cinéma, encouragent d’une certaine façon les personnes à  peau fortement pigmentée à  avoir une peau plus claire. Cette pratique est devenue un véritable phénomène de société. Des sensibilisations à  travers la radio et la télévision se font pourtant pour décourager l’utilisation de ces produits vecteurs de nombreuses maladies.

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