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Afrique-Japon: la TICAD fête ses 20 ans

Le Japon accueille ce samedi 1er juin l’Afrique durant trois jours à  Yokohama, pour parler développement et sécurité dans cette partie du monde âprement courtisée et convoitée par le grand voisin chinois. Face à  la poussée de ses voisins et concurrents, Chine et Corée du Sud, le Japon « doit absolument renforcer ses liens avec les pays africains », estime Yasunori Nakayama, un haut dirigeant du ministère japonais du Commerce. Au passage il relève que le commerce du Japon avec l’Afrique ne représente qu’un cinquième de celui de la Chine avec ce continent et ses investissements directs sont huit fois moins importants. Tenir compte des droits de l’Homme Le Japon serait-il alors trop timide ? Ambassadeur du Japon pour la TICAD, Makoto Ito a une autre lecture. Dans la course aux matières premières, la Chine ne serait pas trop regardante sur les droits de l’Homme dans les pays africains qui l’intéressent, alors que le Japon en tiendrait particulièrement compte et penserait d’abord en terme d’assistance et de développement. Ainsi en 2012, le Japon a accordé à  l’Afrique via la TICAD une aide de 1,3 milliard de dollars pour lutter contre les changements climatiques. Mais l’archipel n’est pas désintéressé pour autant et lui aussi a grand besoin des richesses de l' »Afrique minérale ». Par exemple 85% du platine utilisé dans l’industrie automobile, et 67% du manganèse nécessaire à  la fabrication de batteries made in Japan viennent du Continent noir. Doubler la production de riz A Yokohama, le Premier ministre Shinzo Abe annoncera de nouvelles aides au développement et la croissance, notamment un plan pour aider l’Afrique sub-saharienne à  doubler sa production de riz d’ici à  2018 pour atteindre 28 millions de tonnes. Le Japon avait déjà  aidé le continent à  développer dans les années 2000 la nouvelle variété de riz « Nerica » (New Rice for Africa). « La croissance et la qualité de cette dernière sont importantes pour la stabilité et la paix dans cette partie du monde, car souvent ce sont la pauvreté et le chômage qui transforment quelqu’un en terroriste ou en soutien du terrorisme », explique M. Ito. Le Japon reste traumatisé par la mort de dix de ses nationaux en janvier dernier lors d’une attaque terroriste sur un site gazier en Algérie. Shinzo Abe participera d’ailleurs à  un atelier spécialement consacré à  la sécurité sur le continent.

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