Personnalités › Interview

Cheick Koïta : « la pauvreté est la principale cause du recrutement d’enfants soldats »

Cheick Amadou Koà¯ta, procureur de la République près le tribunal pour enfants de Bamako donne des éléments de réponse sur la question. Qu’est-ce qu’un enfant soldat ? Quand on parle d’enfant soldat, il s’agit de la situation d’un enfant de moins de 18 ans enrôlé dans des conflits armés. Nous ne pouvons pas être indifférents à  cette situation. Le Mali a signé des conventions en la matière entre autres le protocole facultatif à  la convention des droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés signé en 2000. Quelles sont les causes de recrutement d’enfants soldats au Mali, notamment au Nord ? Les causes sont diverses. La pauvreté en est la principale. Elle peut pousser les tuteurs ou les gardiens de ces enfants à  les faire enrôler. Heureusement nous avons un système qui permet de récupérer ces enfants, ce ne sont pas eux les auteurs puisqu’ils sont victimes d’endoctrinement. Et ils sont très malléables. Ce sont des enfants manipulés, à  moins de 18 ans, moins de 13 ans dans certains cas, ils ne sont pas à  même de faire la part des choses sur la commission d’une infraction ou non. Un politiste français, professeur de relations internationales, spécialiste en géopolitique, Michel Galy, est l’auteur du livre « La guerre au Mali » sorti en juin 2013. Il fait une description détaillée des causes de l’enrôlement des enfants dans les conflits armés. Quelles sont les dispositions pour la prise en charge de ces enfants soldats ? l’état du Mali s’est suffisamment soucié de la situation de l’enfant en situation de conflit. l’enfant exposé à  une situation de conflit armé est un enfant en danger comme le stipule le code de protection de l’enfant. Du point de vue légal, nous avons des textes en la matière, dont le décret qui fixe la création de centres d’accueil, d’écoute, d’hébergement etc. des enfants. Donc les enfants victimes sont pris en charge par une institution spécialisée. Ils sont entre de bonnes mains et encadrés par l’Unicef. Et Dieu merci, ces enfants sont en passe d’être récupérés. Pour mieux protéger les enfants dans les conflits armés, le Mali s’en tient également aux engagements de Paris de juillet 2007. Ils concernent la protection des enfants contre une utilisation et un recrutement illégaux par des groupes ou des forces armés.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut