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Vie chère: les Maliens « sont fatigués »

Hormis le pain, la quasi-totalité des produits alimentaires ont vu leur prix augmenter au cours des derniers mois. l’exemple le plus flagrant est celui de la viande de bœuf qui a pris plus de 30% de sa valeur en un an, passant de 1500 à  2000 FCFA. Le gaz butane a aussi flambé passant de 2500 à  3500F en l’espace de quelques mois. « Nous avons beaucoup de mal maintenant à  vendre. Le problème C’’est que les bœufs coûtent de plus en plus cher, à  cause des exportations. Tout part en Mauritanie, au Sénégal, et ici, ça devient difficile. Quand tu achètes plus cher la matière première, tu es obligé de la revendre plus cher » se défend Ongoà¯ba, boucher au marché Dibida de Bamako. Dans les familles, manger de la viande est devenu un luxe, comme en témoigne Aminata Dravé, qui doit faire la popote pour une courée de 20 personnes. « Avant, je pouvais avec les 2000F de dépenses quotidiennes préparer quelque chose de correct pour la famille. C’’est devenu très dur maintenant. A peine tu peux acheter de la tomate. Ce n’est pas la période de soudure, les autres années, ça montait mais pas comme ça » s’indigne-t-elle en pointant du doigt les commerçants qui selon elle « n’ont pas pitié ». En effet, pour beaucoup, ce sont les commerçants qui jouent aux spéculateurs pour gagner le maximum sur les produits. Faux, rétorque un représentant du syndicat des commerçants du marché aux légumes « Woninda » de Bozola. Ici, des légumes il y en a, mais pas pour toutes les bourses. « Les tomates surtout coûtent très cher en ce moment, à  cause de la soudure. Et puis le prix des transports a augmenté. Si tu vas jusqu’à  Baguineda acheter à  3000 un panier de tomates, combien peux-tu le revendre pour entrer dans tes frais ? Pour nous-même C’’est un casse-tête parce que quand les femmes n’achètent pas, C’’est une perte sèche que nous subissons ». Une clientèle concurrente « Ce sont les blancs qui ont gâté le marché », lâche une cliente. Selon elle, la demande très forte des dizaines d’étrangers installés à  Bamako depuis quelques mois fait que les commerçants de produits frais les privilégient. « On ne trouve plus de beaux légumes sur le marché, les vendeuses les livrent directement à  leurs nouveaux clients qui paient cash et cher », ce qui expliquerait leur rareté. Une autre se réjouit plutôt de l’apparition de nouveaux produits qu’on ne voyait pas souvent. « Maintenant, le choix est plus diversifié, mais les produits sont chers ». « On n’en peut plus » ! déclare, exaspéré, Abdoulaye Sidibé, cadre de banque. « Le lait, le sucre, l’huile, le maà¯s, le mil, ainsi de suite, chaque jour, madame revient avec de mauvaises nouvelles ». Et le salaire qui ne suit pas, soupire-t-il. M. Sidibé se dit en colère contre les associations de consommateurs qui ne jouent pas leur rôle et contre les structures de contrôle des prix qui ne font que des communiqués sans suivre la réalité des prix sur les marchés. « Il faut que ces structures s’occupent un peu du pauvre malien qui rame pour joindre les deux bouts » conclut-il. Il est vrai que depuis des mois, le silence assourdissant des associations de consommateurs met plus d’un mal à  l’aise. Quand on voit dans les pays voisins, tels que le Sénégal par exemple, les regroupements se battre réellement pour la réduction du cout de la vie, on se demande à  quoi servent les deux principales structures ici au Mali. « On n’a pas fini de parler de la nourriture, C’’est la crise du logement qui nous pend au nez » ajoute le sieur Sidibé. Les appartements sont cédés au prix fort et certains propriétaires ont commencé à  réclamer un an de loyer à  la signature du bail. Une autre paire de manche pour la grande majorité des Bamakois…

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