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Assaleck et Tako: réfugié et déplacée à la quête du bonheur!

« J’ai laissé mes deux parents, mes frères et sœurs à  Kidal ». La vie en France n’est pas rose, non plus. « Ici, C’’est autre chose, le marché du travail est saturé. Je n’arrive à  exercer mon métier de journaliste que très ponctuellement. Le chômage est partout, même ceux qui ont de l’expérience n’arrivent pas à  trouver du travail à  plus forte raison, moi. Vraiment je me débrouille de temps en temps pour trouver quelque chose à  faire sinon C’’est très dur » confie-t-il. Pour Emmanuel Ekouli, un Camerounais qu’Assaleck a rencontré lors de son voyage en France, « C’’est un garçon sympathique, et je crois qu’il a beaucoup d’avenir. l’Europe est dur, mais je pense qu’il va s’en sortir et retourner au pays la tête haute ». Joint au téléphone à  la veille de la tenue des Assises nationales sur le Nord, Assaleck s’exprime en ces termes pour justifier la tenue de cette rencontre : « C’’est une opportunité d’ouverture car cela va faciliter le dialogue. Il faut que les populations à  la base soient concernées. Généralement, il y a du favoritisme dans le choix des personnes représentées lors de ces discussions. Je crois qu’il faut revoir cela et discuter davantage des questions relatives à  la justice et à  l’éducation ». Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 90% des déplacés internes souhaitent retourner dans leur localité d’origine. La Commission Mouvement de Populations (CMP) a publié un rapport le 30 octobre dernier qui fait état de 283.726 personnes déplacées sur l’ensemble des régions du Mali dont près de la moitié ont pu retourner. Toutes les conditions sont-elles réunies pour leur retour? Le samedi 02 novembre 2013, deux journalistes français de RFI ont été assassinés à  Kidal. Le ministre de la réconciliation nationale et du développement du Nord Cheick Oumar Diarrah a affirmé sur les ondes de Radio France Internationale (RFI) que Kidal n’est pas sécurisée. « Lors de notre passage dans cette ville nous avons été victimes d’un attentat que nous avons minimisé. La région de Kidal ne bénéficie pas de sécurité suffisante pour permettre aux journalistes de s’y rendre ». «Je souhaite, du fond du C’œur, retourner à  Kidal. Avec un peu de stabilité, je serai le premier à  y être. Cette partie du Mali a besoin de nous tous ainsi que de toute l’Afrique. On serait plus utile là -bas. Ce n’est pas pour faire l’éloge des Touaregs mais J’aimerais que les gens n’oublient jamais que nous sommes les seuls Africains qui ne souhaitent pas immigrer lorsqu’il y a la paix chez nous. Ce désert je ne pourrai, pour aucun paradis sur cette terre l’échanger, ni l’oublier ». Marié, Assaleck Ag Tita rêve de revoir « tous les frères et sœurs maliens se donner la main à  nouveau et dans la paix». Quant à  Tako, elle est âgée de 26 ans et a vécu toute son enfance chez sa tante dans la ville de Tombouctou. Il y a un an et demi, quand des combats ont éclaté elle a repris le chemin de Bamako avec sa tutrice. « Ma tante est rentrée avec ses enfants, moi je voudrai travailler ici et rester avec ma mère et mon grand-père qui ne veulent pas non plus que je reparte » relate-t-elle. Titulaire d’un diplôme d’une école de santé, Tako est stagiaire dans le laboratoire d’un centre de santé à  Bamako. En plus de ces acquis, elle a pu bénéficier d’une formation de l’APDF à  l’endroit des femmes et filles déplacées. Cette initiation en activités génératrices de revenus (AGR) a concerné l’apprentissage de la teinture, de la savonnerie et du séchage de légumes. « Moi personnellement, je préfère la teinture. Je voudrais ouvrir ma propre entreprise un jour et apprendre aussi ce métier à  d’autres personnes. Tel est mon souhait le plus ardent » explique-t-elle. 1,80 pour 60 kilogrammes, Tako Kéà¯ta a une pensée pour ses frères et sœurs retournés au Nord « je vais rester ici. Mais je sais aussi que C’’est difficile pour ceux qui sont partis, la vie est chère ». Selon une déplacée retournée à  Diré, Fanta Diabaté, cette dernière a suivi la formation de l’ADPF en compagnie de Tako « C’’est une fille qui a de l’avenir, elle parle peu et se consacre au travail qu’on lui donne » décrit-elle. Tako est célibataire et sans enfant et souhaite « rencontrer quelqu’un à  Bamako, un jour ».

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