Économie › Agriculture & Élevage

Tombouctou : la MINUSMA au secours des agriculteurs affectés par la crise

Cette aide se traduit principalement par une fourniture en carburant nécessaire au fonctionnement normal des stations de pompage qui irriguent les champs cultivés dans les trois plaines rizicoles d’Amadia, de Koroyommé et de Daye. Ces plaines sont gérées par des coopératives normalement approvisionnées en carburant de juillet à  septembre. Du fait des conséquences du conflit les exploitants des plaines se sont trouvés dans l’incapacité de se prendre en charge jusqu’à  la fin de cette récolte prévue en décembre.. Les coopératives d’Amadia, de Koroyommé et de Daye – fondées respectivement en 1997, 1993 et 1984 – sont des entités à  but non lucratif, comme le stipule la Loi No 01-076 du 18 juillet 2001 qui a présidé à  leur création. En permettant de sauver une récolte compromise, ce QIP participe à  la relance de l’agriculture et à  la reprise des activités économiques du cercle de Tombouctou. Le périmètre d’Amadia compte 4 moteurs, celui de Daye en utilise 3, tout comme le secteur de Koroyommé. La consommation journalière de chaque moteur est 400 litres de gaz-oil (pour 12 heures de fonctionnement). La riziculture est la principale activité agricole du Cercle de Tombouctou. La vente en détail du riz fait vivre beaucoup de femmes et de ménages de la région. De plus, le riz est l’aliment de base de la population et une pénurie ajouterait des difficultés à  une situation alimentaire déjà  précaire. Les résidus issus du traitement du riz sont également utilisés dans l’alimentation des animaux. La principale mission des coopératives agricoles d’Aamadia, Daye et Koroyonme est d’appuyer les cultivateurs du cercle de Tombouctou en leur fournissant des intrants agricoles pour améliorer la productivité et, ainsi, d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Une autre mission de ce système coopératif est de favoriser l’entraide mutuelle entre cultivateurs. La surface agricole totale destinée à  la culture du riz, gérée par les coopératives, est de 1600 hectares (620 ha pour Amadia, 417 ha pour Daye et 563 ha pour Koroyommé). Les plaines rizicoles se trouvent à  proximité du fleuve Niger. Les membres des coopératives sont les exploitants du cercle de Tombouctou, qui sont au nombre total de 1808 (945 pour Amadia, 840 pour Daye et 823 pour Koroyommé. Ces agriculteurs impliqués représentent toutes les communautés : Songhaà¯, Touareg, Arabe et Tamashek. Il est important de signaler que la production agricole 2012-2013 a été lourdement affectée par l’occupation du nord du Mali, limitant ainsi la capacité des paysans du cercle de Tombouctou à  financer la campagne agricole en cours. Le succès de la campagne 2013-2014 permettra le redémarrage des activités agricoles et économiques. Les paysans seront ainsi en mesure de s’acquitter de la redevance eau de la campagne prochaine. Il convient de rappeler que depuis plus de vingt ans, la ville de Tombouctou ne consomme que le riz produit localement et par reflexe, ses habitants n’aiment pas le riz importé. D’ailleurs en temps normal, Tombouctou ravitaille en riz les marchés de Gao, Mopti et même le Burkina Faso. l’on peut donc s’attendre à  ce que ce projet financé par la MINUSMA améliore sensiblement les conditions de vie des agriculteurs concernés et favorise la réinsertion socioéconomique rapide dans la région.

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