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Second tour: candidats candides et citoyens dépités !

Les affiches des candidats aussi ne poussent pas les électeurs à  se déplacer. l’affichage est un média adulé par les hommes politiques. Savent-ils que l’affichage aide à  la mémorisation et à  soutenir une campagne audiovisuelle ? Difficile de répondre par l’affirmative. La capitale malienne est truffée d’affiches. Les candidats à  la députation utilisent les grands panneaux publicitaires des agences de communication, les poteaux électriques, les surfaces murales, les totems des entreprises et tout autre espace qui offre une ODV (occasion de voir) large. Mais qu’ont –ils à  dire ces candidats ? Une analyse de la campagne iconographique des candidats montre qu’ils ne comprennent pas parfaitement le rôle du député. Tenez certains disent « on est ensemble » pour mobiliser l’électorat pendant que son concurrent direct parle du « pari de la jeunesse ». Au parlement, chaque député représente le peuple dans sa globalité et l’âge ou le genre n’y est pas un critère de notation. « Votons pour la stabilité du Mali, bâtissons le Mali de nos rêves, la dignité du Mali passe par des députés crédibles », ces messages mettent au moins en valeur la volonté de la formation politique à  participer à  l’effort de reconstruction d’un Etat fort respecté dans le concert des nations. Seulement, les composantes de la nation à  savoir les populations aussi ne semblent pas comprendre le rôle du parlementaire. Elles attendent de ce dernier la distribution d’espèces sonnantes et trébuchantes et le grattage du « carré » voire l’électrification d’une ruelle ou la climatisation de la morgue de la mosquée. Certains candidats versent dans le populisme. C’’est le cas du maire Adama SANGARE qui se veut « la voix du peuple » et des jeunes de la commune III de lui rétorquer par affiche interposée « nous préférons le MNLA à  Adama SANGARE». Idem à  Bagadadji dans la commune II o๠des affiches sûrement imprimées dans un cybercafé répondent au RPM avec un message rétroactif « ma famille d’abord, le Mali ensuite ». Suivez mon regard. Certains partis comme le Yéléma sortent du lot avec des messages simples et limpides du genre « de nouveaux élus pour légiférer autrement, le vrai changement » ou « des élus proches des préoccupations du peuple ». Des ONG internationales ont tenté de jouer leur partition en incitant les électeurs à  se rendre aux urnes. C’’est le cas de CARITAS Mali qui demande « la fin de l’achat des consciences ». Des citoyens dépités… En ce jour d’élection, l’achat de conscience est pratiquement le seul moyen pour extirper les électeurs de leurs préoccupations dominicales. Dans quelques centres de vote visités, plusieurs délégués n’ont pas effectué le déplacement pour siéger au nom de leur formation politique. Les rares présents estiment que les absents ont raison d’autant que « nous militons pour le gain donc si le leader ne débourse rien à  quoi bon venir ici en sachant qu’il sera battu et en cas de victoire il t’oublie pour cinq ans ». De l’intérieur de ce centre de vote de Sébénikoro, quartier du Président IBK, nous parviennent les klaxons des motocyclistes qui accompagnent de nouveaux mariés. Un vendeur d’arachides grillées accroché pour savoir s’il votera répond par la négative et argumente son choix de ne pas voter par le fait que « le Président nous a oublié dés le lendemain de son élection. J’habite à  Sébénikoro secteur 7 et C’’est le calvaire pour y aller or lui IBK a fini d’installer des caméras autour de sa maison mieux il a goudronné les ruelles jouxtant sa maison. Pourquoi n’a-t-il pas pensé à  nous ses voisins obligés d’aspirer la poussière rouge tous les jours ? J’ai perdu des recettes en allant voter à  la présidentielle, cette fois je préfère vendre mes arachides pour nourrir ma famille car aller voter C’’est envoyer son fils à  l’Assemblée Nationale ». Un chauffeur de taxi venu déposer une électrice saute sur la conclusion de la commerçante pour avouer « moi, mon frère, je ne vote plus. Tanty a raison, le Président nous l’avait quand il était premier ministre, nous vous dirigeons et demain nos enfants vous dirigeront, on a la preuve qu’il est un vrai « kankeletigui » car son fils sera député et nous dirigera alors mieux vaut chercher de l’argent pour gérer sa vie et oublier ses politiciens ». l’absence des grands A Lafiabougou frou-frou carré, des adultes trouvés en train de boire du thé en attendant l’heure du repas ne nous cachent pas leur déception et leur étonnement. « Pourquoi aller voter, le système d’avant est encore en vigueur. Soumaila CISSE est élu, Chatô est élu, les autres candidats malheureux le seront aussi. On prend les mêmes et on recommence alors pourquoi perdre du temps devant un bureau de vote. Pourquoi ? IBK ne changera rien. Il est du système. l’Assemblée servira à  distribuer des biscuits à  cette caste de politiciens charognards ». Un enseignant à  la retraite tempère et explique « le manque de volonté des uns et des autres à  aller voter par l’absence de campagne au second tour. Les candidats n’ont pas voulu dépenser de l’argent en organisant des meetings. Ce n’est que le samedi qu’ils ont loué des cars pour faire un peu de tintamarre. Il y a aussi le choix des ténors politiques à  aller se présenter dans des villages reculés laissant la place souvent à  des nains politiques inconnus et peu charismatiques ». Un ancien animateur du Motel de Salif KEITA du nom de Charlie évoque pour sa part «l’insignifiance de l’Assemblée Nationale au Mali. On connait juste le nom du président du parlement et les autres députés sombrent dans l’anonymat, ils ne sont là  que pour faire des affaires alors à  quoi bon se fatiguer pour ces privilégiés et leurs ouailles ?». Les bureaux de vote seront fermés en fin d’après midi et peut –être que d’ici là  les électeurs changeront de discours pour un taux de participation plus élevé.

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