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Edito : quand le Sahel parle…

Tout est lié. Le Nord Mali, le Sahel, les groupes armés, la paix qui au final résultera de tout cela. Mais avant d’arriver à  ce graal, il faudra faire des concessions, s’asseoir à  la même table pour trouver des voies d’ententes, faire des concessions, en cantonnant, puis en désarmant, et pour au final, signer une paix des braves. Il faut donc se féliciter de ce début de dialogue lors des rencontres préparatoires qui ont eu lieu la semaine dernière à  Bamako, des pourparlers que beaucoup espèrent complètement inclusifs, condition nécessaire sine qua none pour la suite du processus de paix.  » La solution est, doit être politique », confiait Abdoulaye Bathily, représentant adjoint de Ban Ki Moon, à  la Minusma. Même son cloche parmi la communauté arabe. En la personne de Mahmoud Mohamed El Oumrany, l’un des portes flambeau des communautés du Nord :  » Nous devons trouver des chemins d’entente, c’est la seule façon d’avoir la paix au Mali ». Si en substance, ces ateliers ont montré une volonté des uns et des autres à  dialoguer pour un même but, autour d’un consensus véritable et non plus de façade, des méfiances demeurent, quant à  certains groupuscules qui menacent la cohésion des pourparlers. Malgré tout, les autorités ont donné le ton, tout comme les médiateurs se multiplient pour une seule et même cause. En son temps, ATT, en dépit de l’aggravation de la situation au Nord début 2012, n’avait cessé de prêcher la coopération sous régionale, pour éradiquer le « mal sahélien », ce syndrome des rébellions successives et inattendues, ces sables mouvants, o๠croupissent le terrorisme, les trafics de drogue et autres industries d’enlèvements d’occidentaux. Sans oublier les règlements de compte digne des razzias des temps anciens, le Sahel est devenu cette poudrière qui fait peur à  tout le monde. A Nouakchott, quelques chefs d’Etats des pays du Champ sont réunis, pour réaffirmer leur engagement à  la cause anti-terroriste et tout ce qui en découle comme menace pour la stabilité de la sous région. Ils ont crée le « G5 du Sahel », un cadre de concertation et de coopération sous régionale destiné à  leur permettre de coordonner leurs politiques de développement et de sécurité, notamment de lutte contre le terrorisme dans leur région o๠des groupes armés sont actifs. Mais il faudra plus que la coopération sous régionale, bien plus que des pourparlers inclusifs au Nord Mali, il faudra que nos états développent le renseignement, la surveillance du Sahel et surtout qu’ils préviennent les montées soudaines de violence, comme à  Tamkoutat, siège d’une terrible vendetta il y a peu…

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