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L’invité de la Rédaction : Avec Emmanuelle Pontié, c’est comment?

Après le journaliste Diomansi Bomboté, la rédaction de votre site d’information en ligne, JournalduMali.com a reçu une grande dame de la presse panafricaine. Emmanuelle Pontié, Directrice générale adjointe du groupe AM International est à  Bamako pour coordonner la réalisation d’un numéro spécial sur le Mali qui paraà®tra au mois d’avril. Six mois après l’arrivée d’Ibrahim Boubacar Kéita à  la tête du Mali, le pays retrouve une certaine normalisation. C’’est justement pour parler de cet autre Mali qui bouge que le mensuel panafricain a décidé de faire un zoom sur notre pays. AM, le mensuel francophone de l’Afrique qui bouge Avec ses confrères de JournalduMali.com, la journaliste a évoqué la ligne éditoriale de son mensuel qui s’efforce de montrer le côté positif de l’Afrique. Pour cette grande voyageuse qui passe difficilement deux semaines en France sans visiter le continent africain, AM attache du prix au traitement rigoureux de l’information pour un lectorat exigeant. Son public plus jeune, compte la nouvelle bourgeoisie et élite intellectuelle du continent d’Abidjan à  Douala, en passant par Libreville ou Kigali. Si le groupe Jeune Afrique auquel AM appartenait, avant d’être autonome en 2006, tend vers une actualité immédiate, AM est un mensuel qui contourne l’actualité avec des interviews, des portraits, des analyses et un regard plus distancié. Le magazine met en avant la vie, les gens, les styles, la mode, la culture et l’évasion par des rubriques variées. Emmanuelle Pontié, africaine avant d’être française Emmanuelle Pontié qui alimente la rubrique «C’’est comment?» o๠elle égratigne les petits travers des Africains, a déjà  parcouru une bonne partie du continent o๠elle a vécu jusqu’à  l’âge de 15 ans. Après des études littéraires, elle se lance vers le journalisme et débute à  « l’évènement du jeudi », puis dirige les éditions Afrique Elite et Elite Madame jusqu’en 1994 avant de déposer le bilan dans la foulée de la dévaluation du Franc CFA. Elle devient alors attaché de presse puis entre au Groupe de Jeune Afrique en proposant un article sur Miss caraà¯bes qui se déroulait à  l’époque à  Saint Martin aux Antilles. « Jeune Afrique cherchait un rédacteur en chef pour Afrique Magazine et ils m’ont tout de suite confié des responsabilités », se souvient Emmanuelle Pontié qui collabore désormais avec Zyad Limam, le beau fils de Béchir Ben Yahmed, devenu le directeur général d’Afrique Magazine. Le magazine vient de fêter ses trente ans d’existence et est devenu indépendant du Groupe Jeune Afrique en 2006 sous l’intitulé AM International. Le groupe poursuit sa diversification avec l’édition d’AM Business depuis 2013 et qui traite du monde des affaires et de l’économie. Regard sur le nouveau pouvoir malien et la presse Sur ce que certains Maliens appellent « la gestion familiale du pouvoir », l’affaire des bérets rouges et la situation à  Kidal, la journaliste s’est voulue plutôt circonspecte et mesurée. Préférant sans doute donner l’occasion aux lecteurs de découvrir les réponses dans le numéro spécial du mois d’avril. Globalement, Emmanuelle Pontié apprécie la presse malienne à  travers les titres qu’elle a eu l’occasion de lire. Pour celle qui compte rester dans la profession un bon bout de temps, la presse africaine est beaucoup trop politisée, au détriment de genres journalistiques comme l’enquête, le reportage, des sujets de société… Une lacune qui pourrait s’expliquer par le manque de moyens et de valorisation de cette profession, tout le contraire de l’Europe o๠un journaliste est plus respecté, mieux payé et protégé. Emmanuelle Pontié confesse qu’il est bien plus facile de traiter de l’actualité panafricaine depuis Paris et dans une plus grande sérénité. Cela permet sans doute de garder cet œil impertinent sur l’Afrique et qui caractérise les articles d’AM, qui donnent un autre regard sur ce continent, riche de possibilités et trop souvent décrit via le prisme des famines, guerres et autres pandémies. Pour Emmanuelle Pontié qui apprécie Bamako comme elle apprécierait Douala ou Kigali, le journalisme est un sacerdoce, une profession qui ouvre toutes les portes y compris celle du petit palais sur la colline… Suivez mon regard.

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