Économie › Industrie & Services

Le Groupe AMI aujourd’hui

Il est discret mais talentueux. Président de l’Organisation Patronale des industriels du Mali(OPI), et l’héritier du groupe Achcar Mali Industries, Cyril Achcar, le petit fils d’Emile Achcar, fondateur du groupe AMI est un homme d’affaires avisé qui se projette dans l’avenir. C’’est au bas de l’échelle qu’il a commencé, en gérant les entrepôts Achcar avant de gagner la confiance de ses aà®nés sur ses capacités managériales, pour prendre la direction du groupe. Nous l’avons rencontré pour faire le point sur les défis et les perspectives pour les années à  venir au sein d’Achcar Mali Industries. Journaldumali.com : Achcar Mali Industries a plus de 50 ans aujourd’hui. Quel est l’historique du groupe? Cyril Achcar : Le groupe AMI qui veut dire Achcar Mali Industries, fut d’abord constitué par une première société privée, qu’était la confiserie, créee par mon grand père Emile Achcar en 1950 et qui est devenue la GCM SA en 1965. Ensuite mon père et ses frères et sœurs, ont transformé l’entreprise en SARL puis en SA en 1994. Mon père, qui a fait ses études à  l’étranger, est rentré au Mali en 1964 avec un diplôme d’HEC en poche. Il aussitôt pris la suite du grand père et dynamisé l’industrialisation du groupe ces cinquante dernières années. Aujourd’hui, je suis l’administrateur et directeur général du groupe AMI, depuis 2006 et mon père et mon oncle président le conseil d’administration. Comment s’est passée l’évolution du groupe AMI vers l’industrie ? Depuis, 1950, nous avons opté pour l’industrialisation progressive et l’importation de produits finis et à  travers une structure appelée RIDAL SARL qui a fermé en 2003. Aujourd’hui, nous nous consacrons aussi à  l’agro-industrie avec la CMDB. Le négoce représente 1% du CA. Quel est le chiffre d’affaires aujourd’hui ? Le chiffre d’affaires consolidé du groupe AMI tourne autour de 35 milliards de FCFA. 2012 a été une année sombre pour le Mali et votre entreprise a fait l’objet de pillages. Comment avez vous essuyé les pertes ? Nous avons connu une année très difficile mais avec la solidarité des collaborateurs, des partenaires clients, comme fournisseurs et notre expérience du passé (dévaluation en 1996, coup d’état de 1991, nationalisation forcée en 1962), nous avons pu surmonter cette dernière épreuve et nous poursuivons notre mission d’industrialisation du pays. Le Mali connait un retour à  la normalité, avec l’élection du Président IBK, et un retour des investisseurs, vous étiez d’ailleurs dans la délégation qui s’est rendue au Qatar, quel regard portez vous sur le secteur privé malien ? Il faut féliciter le secteur économique malien pour avoir survécu durant l’année 2012 et pour avoir tenu sur 2013. La relance en cours avec 5 à  6% de croissance, mais elle n’est pas suffisante compte tenu du niveau de retard acquis en deux ans et du niveau de pauvreté du pays. Les actions du président de la République sont louables mais il faudra plus de méthode pour transformer la diplomatie économique en point de croissance réel. Nous sommes tous à  pieds d’œuvre et souhaitons que les parties s’écoutent et que le concept du PPPP ou 4 P c, C’’est-à -dire « Partenariat Public Privé PTF » soit le crédo du nouveau quinquennat. Vous évoluez dans un secteur concurrentiel qu’est l’agro-alimentaire, , comment faites vous positionnez-vous ? Nous sommes dans le secteur industriel de produits alimentaires depuis 1950, et nous travaillons de plus en plus avec des matières premières locales, nous avons lancé depuis 2008 l’intégration en amont : la production agricole de blé, de maà¯s et de riz paddy. Nous sommes donc rentrés dans l’agro-industrie. Ce domaine est stratégique pour le groupe AMI, parce que la concurrence sous régionale est bien plus dangereuse que la concurrence nationale. Il nous faut donc investir massivement dans cela pour pérenniser nos activités. l’accompagnement de l’Etat et des PTF sera une nécessité pour réussir ce challenge. La mission du Président sera d’autoriser le Mali à  faire valoir les clauses de sauvegarde du traité de l’UEMOA pour permettre au pays de se doter d’une industrie compétitive. Interview réalisée par Modibo Fofana

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