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Cache-cache commercial à Railda

Le grand marché de Bamako divorce, du moins pour l’instant, d’avec les embouteillages et l’encombrement. Depuis une quinzaine de jours, la mairie du district appuyée par les forces de sécurité a entrepris de déloger les commerçants qui occupaient de façon anarchique les trottoirs et les grandes artères du marché de Rail-Da. Vendeurs de prêt à  porter, de bazin, de perles, de chaussures, de sachets d’eau, de fruits et d’autres produits souvent consommés à  la va-vite sont sommés de déguerpir par des détachements de la police nationale, de la garde nationale, du Groupement mobile de sécurité et de la gendarmerie. De Batimat à  l’Institut national des arts, de l’hôpital Gabriel Touré à  Bagadadji, de Dabanani au guichet unique de la douane en passant par l’Assemblée nationale, la circulation est devenue fluide. « La mairie a raison, mais nous n’avons pas le choix » Des femmes, bébé sur le dos, l’assiette remplie de produits sur la tête courent à  tout va pour échapper à  la vigilance des policiers et des gendarmes. De jeunes badauds, vendeurs à  la sauvette se cachent dans les ruelles adjacentes le temps de laisser les forces de sécurité passer pour héler à  nouveau les clients. C’’est une course-poursuite infernale. Adiara Kabayoko, lessivée par le jeu de cache-cache, reconnait « avoir fauté. Je n’ai pas de cantine, je n’ai pas de place à  l’intérieur du marché et pourtant je dois nourrir ma famille avec mon commerce. Je viens de Bolibana d’o๠je prépare mes plats pour venir les écouler ici. Je payais juste une taxe journalière mais depuis la visite du roi du Maroc il nous est interdit de nous installer sur la chaussée. Si les agents municipaux nous prennent, ils embarquent nos produits et nous flanquent une amende donc en les apercevant on est obligé de fuir ». Un vendeur de cola, ressortissant de la Guinée Conakry soutient pour sa part « avoir déjà  perdu deux paniers de cola la semaine dernière. Je me suis présenté au niveau des services techniques de la mairie mais la contravention m’a découragé. La mairie a raison mais nous n’avons pas le choix et de toute façon ce n’est pas la première fois que de telles opérations ont lieu, la mairie organise des opérations ponctuelles et finit par nous laisser revenir d’autant qu’elle gagne des recettes substantielles avec les marchands à  la sauvette ». Du côté des automobilistes, l’on se frotte les mains car la circulation est devenue fluide à  Rail-Da et environs. Selon Makoro Kanouté, taximan de son état, « C’’est bien de les déguerpir mais il faut pérenniser l’opération parce que notre assemblée nationale se trouve au C’œur de ce grand marché et C’’est une mauvaise image de voir que le parlement est transformé en souk. Parfois les députés mettent du temps à  atteindre le marché et ceci n’est pas bien, il faut une solution durable ». Un assistant parlementaire ayant préféré garder l’anonymat confie que « lors des sessions budgétaires, nous avons du mal à  rester à  l’assemblée jusqu’à  des heures tardives du fait de l’insécurité ». La mairie de concert avec les forces de sécurité maintient la pression sur les commerçants mais jusqu’à  quand ? Le temps, seul, répondra à  cette question.

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